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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Compositeur De Rêves... | 17 décembre 2007


Aujourd'hui, je vous donne un petit aperçu du boulot de mon subconscient (vous allez voir, c'est un véritable artiste) ; disons que je vous ai autorisé une petite trépanation pendant mon sommeil (à l'occasion, par exemple, du post précédent)... Ça y est, vous avez branché les écouteurs ? C'est parti...

"Bon; me voilà bien. Encore une fois je suis pressé par le temps, je vais devoir créer à toute vitesse à partir d'éléments disparates, je vais construire un univers de bric et de broc pour les besoins d'une expression bien spécifique. J'ai un message à faire passer, voyez-vous. C'est comme une mission sacrée, je ne peux pas m'y soustraire : et pour ce faire, je dispose d'une petite pièce ronde remplie d'objets hétéroclites balancés là, pour la plupart au cours des dernières 24 heures. Et le sablier qui va bientôt se remettre en route : ça y est, c'est parti. Alors, il me faut représenter, pêle-mêle : le monde artistique, une décision, la liberté, une famille oppressante, un retour aux sources. Comment faire ? Pour l'abominable famille, ce n'est pas compliqué : j'ai tout un lot de nouvelles d'Edgar Allan Poe, ça fera un cadre idéal. Le monde artistique ? J'ai là quelques jolies filles, des vêtements colorés, une pièce de théâtre...parfait ! Comme je suis lancé, je continue ; la liberté ? La nudité et un pagne devraient suffir (on fait avec ce qu'on a, hein). Une décision ? Euh...diable, je n'ai plus beaucoup de temps ! Allez, on va dire...de l'eau, une rivière, se jeter à l'eau quoi. Vite, vite, le temps passe, plus que quelques secondes... Que me reste-t-il ? Ah, oui, le retour aux sources. Vous représenteriez ça comment, vous ? Oh...il me semble avoir vu...dans un coin, oui, oui, des publicités pour...du saumon ! (bah oui, c'est Noël) Hourra !! Il ne me rete plus qu'à mélanger tout ça, apporter une petite touche personnelle, et...voilà ! C'est terminé. Il était temps (Driiiiiiiiiiiiiiiing) : le réveil sonne"

...et voilà comment je me retrouve, dans mon lit, en train de rêver que je m'échappe d'une histoire glauque d'Edgar Allan Poe ; que je cours presque nu dans une rivière avec un saumon sur les bras, vers une ville ensoleillée où de belles jeunes filles en habits multicolores jouent une pièce de théâtre sur laquelle on ne saurait mettre un nom...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:55:13 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (5) |

2084... | 13 décembre 2007


Après plusieurs tentatives infructueuses pour exorciser mes rêves, je décidai de prendre la situation par son autre bout et augmentai la dose de somnifère. Je me réveillai en 2084. La jolie blonde qui vint assister à mon réveil semblait environnée de nuages.
"Avez-vous bien dormi, Monsieur ?
_Euh...oui, merci, dis-je ; le son de ma voix avait baissé de deux tons au moins et me fit presque peur. Soit j'étais devenu Tom Waits, soit j'étais encore sérieusement dans le pâté...
_Que faîtes-vous dans ma chambre, au fait ? demandai-je soudain, à brûle-pourpoint ; j'avais envie de l'appeler "Casque-d'Or", mais je doutais fort qu'elle se souvienne de Jean Gabin.
_Je vous attendais, répondit-elle en souriant. Ses dents ne bougeaient pas, j'en conclus que si sa poitrine en silicone était bien réelle, le reste en revanche était sans doute artificiel. Vous avez été victime de l'effet secondaire numéro 72-244B, et vous avez dormi 74 ans sans vieillir...
_Vous voulez dire qu'il me reste toujours...euh, 41 ans à cotiser ?
Elle rit.
_Non, Monsieur ! Ça n'aurait pas de sens. Vous cotisez 65 annuités, puis vous avez le droit de demander un emploi de retraite à mi-temps, si vous pouvez justifier que vous avez 82 ans au moins, une maladie invalidante et un...
Le petit objet qu'elle portait à la ceinture clignota soudain bruyamment ; elle m'apprit qu'il s'agissait de son terminal
(ainsi nommé parce que c'est terminé, on ne pourra pas miniaturiser les composants plus que ça) qui faisait radio FM, tazzer, bouilloire électrique, GPS, dictaphone, rétroprojecteur laser, chaîne Hi-Fi, sono, thermomètre, diffuseur de parfum d'ambiance, passe-partout électronique...
-...vibromasseur ?
_Pfff...évidemment ! Sinon, à quoi cela servirait-il, franchement ? Oh, poursuivit-elle, il faut que je renouvelle ma carte SIN.
_Pardon...?
_C'est pour pécher.
_Ah. Ok. Et...ça mord souvent ?
Elle m'adressa un clin d'oeil complice ; maintenant que son compte était dûment rechargé, nous pourrions faire tout un tas de bêtises : elle venait de se racheter (littéralement), ça resterait donc complètement légal. Je trouvai ça plutôt rassurant.
Quand elle eût remis dans sa poche son terminal
(de marque Sebb-Erriksson-ElectroLuxe, cela m'avait tout d'abord échappé), elle m'entraîna dehors. Sitôt en plein soleil, sa peau bronza en grésillant, instantanément ; et une mince pellicule de transpiration colla sa robe translucide à son corps à présent brillant. Je dus prendre un air vaguement inquiet (voire carrément affolé) car elle s'esclaffa, tandis que je dégrafais mon col pour respirer :
_Ça surprend, la première fois, hein ?
_Mais...il fait au moins 55 degrés ?!
_A l'ombre, oui ; les bienfaits du réchauffement. A nous les Tropiques !
_La pollution ? Le pétrole ?
_Oh, non ; il prenait déjà feu dans les cuves des pétroliers au passage de l'équateur, alors ils sont passés par les pôles. Les dernières marées noires ont tué les pingouins ; mais aujourd'hui l'énergie à la mode c'est la géothermie.
Je fus surpris d'apprendre que dessaler l'eau de mer ne coûtait plus rien ; presque plus besoin de chauffer pour atteindre l'ébullition, donc économie d'énergie. CQFD. L'eau de source de l'Antarctique était en vogue
(plus de glace, donc plus aucune raison de protéger ce continent-là) ; d'ailleurs les fabricants de moteurs à eau faisaient fortune dans l'automobile, et la demoiselle tint absolument à m'emmener en ville dans sa Renauld-Volvicq décapotable. J'acceptai, me promettant de ne plus jamais prendre de somnifère...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:46:34 dans Ethnews... | Commentaires (0) |

Brown Has Gone, Hello Yellow... | 07 décembre 2007

Yellow, my fellow,

that's the end ;
Brown has gone, Red is dead. Honestly, Green has been ; we don't have a clue about Blue. You know that Pink has cut the link... Orange is too strange, and Rose has lost her nose (so bad). Black won't be back, so White will give up the fight.

Black Francis changed
Grey into Ray (in 1996) ; and Gold...too old. Purple is still in the cradle, Crimson became Gibson and I don't give a damn about the guy called Lime. For me, Azure is not sure ; what can you see about Ivory ?

Your friend, Deep Blue C.


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:33:35 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (4) |

Les 4 Cavaliers de l'Apocalypse des Saisons... | 05 décembre 2007


(La vie vue par un Anglophone à Paris qui n'a rien compris)

Le Prince Tang : hantait primitivement les plaines de l'Asie centrale ; fils d'une princesse Annamite et d'un officier français d'Indochine, il arbore toujours de petites fleurs à sa boutonnière...

E.T. : petit et râblé, il erre dans sa grande houppelande, à cheval sur une monture à deux roues vers les plages de Californie. Derrière ses lunettes de soleil, il cache une figure tannée par les UV et un corps qui a rétréci au séchage.

Othon : guerrier à la robe mordorée, le galop de son cheval aux pieds boueux fait tomber des arbres les feuilles et les écureuils qui, inlassablement, protègent leurs récoltes contre sa venue. Celte d'origine, il débarque toujours à la fin des vacances...

Haïver : héros mal-aimé issus des pays nordiques, il arrive au moment où personne ne l'attend (quand les petits Européens fêtent Noël). Ses armes redoutables sont des boules de neige qu'il jette au visage des enfants pour les étourdir.

Ces 4 avatars se succèdent par cycles ; incapables sans doute de comprendre que l'union fait la force, ils réussissent chaque année l'exploit de ne pas se rencontrer (cela se joue souvent à un jour près, le 21 ou le 22 du mois). Les plus aimés sont le troisième et le premier, probablement parce qu'ils sont colorés.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:38:17 dans La Camisole... | Commentaires (3) |

La Petite Vieille Qui [Maintenant] Vagabonde Sur Les Ondes... | 03 décembre 2007

(Parfois, un Week-End tout noir, ça arrrive)

C'était hier, alors que j'étais à mon bureau pour, très sérieux, dessiner des nuages dans un ciel d'orage. Le téléphone qui sonne, et mes doigts qui répondent machinalement sans arriver à se dépêtrer du crayon à papier. Ensuite, la voix enrouée de mon père qui m'annonce, dans son français dépassé, qu'Elle est partie. Comme ça, dans la nuit ; comme une bougie qu'on souffle après 93 années, Elle s'est éteinte. Puis il s'est excusé, d'autres coups de fil à passer ; je me retrouvai seul face à mon bureau, la voix de Plant et la guitare de Page pleurant pour moi qui ne sais toujours pas. J'essayais de me dire que je ne la verrais jamais plus ; que le résidu de famille que j'avais conservé se restreignait de plus en plus (ce n'est pas vrai ; Tu arrives et Elle s'en va, ç'en serait presque logique. Sauf que moi, je ne le suis pas... Et c'est peut-être ça justement, qui fait de ma vie cette chose si particulière. Cette peinture pas toujours plausible, conçue à la taille de mes yeux pour une compréhension toute personnelle. Un phénomène, dis-tu ? Je veux bien ; mais c'en est un tout autre qui s'est produit ensuite). Après que mon père ait raccroché, alors que je pataugeais dans les relents de mes sentiments ; Elle a appelé. Elle m'a appelé. Le téléphone qui re-sonne, et le vide qui seul me répond ; sur la ligne d'un contact qui niera toujours m'avoir contacté, je n'entends rien d'autre que le fantôme d'un souffle et de quelques courants d'air. Le silence. Comme un message qu'Elle m'a envoyé pour me dire qu'Elle partait... Plus tard, j'ai su que ma soeur aussi avait reçu son appel. Post-Mortem. Merci, ami, de lui avoir prêté ta ligne à ton insu ; de mon répertoire, Elle ne connaissait que toi, j'espère que tu ne lui en voudras pas. C'était juste pour m'entendre une dernière fois, m'offrir son dernier silence, avant de s'en aller de l'autre côté de la balance... Adieu.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:47:02 dans Ombres DePression... | Commentaires (6) |

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