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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Les Romes Arboricoles... | 05 mars 2009

Fond sonore : moi (pour une fois) [et ici une de plus! ]...

(J'avais envie d'écrire un texte sans queue ni tête, et de le lire...voilà qui est fait ! )

Il est venu, le poulpe ammoniac et putride
Et il suintait le vice par tous ses madrépores
Les vieux hommes ont lâché leurs idoles impavides
Pour vénérer le monstre au mufle Nicéphore...

De son poreux sourire on fit des statuettes
Agrémentées souvent de scènes de bondage
Des sacrifices iniques de belles anachorètes
Cuites à point par les prêtres dans d'odieux saxifrages...

On adora enfin d'ingambes créatures
Chevauchant les cités comme d'ignobles clystères
Et croupirent dans le stupre ceux qui d'aventure
Assommaient les poètes étouffés par les vers...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 23:53:23 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (5) |

L'Observateur... | 18 février 2009


Beaucoup de gens vous diront que les histoires de mafia, c'est du cinema ; qu'aujourd'hui les gangsters sont en cols blancs et que tout se joue en haut lieu, derrière les grilles de l'Elysée ou les façades des établissements bancaires. Mais c'est faux ! Je les ai vus, moi, les parrains de la petite pègre locale, les petits chefs de gang d'antan. Vous savez, ceux des films de Georges Lautner et de Guy Ritchie . Ils sont là, secrets, invisibles, sous vos yeux.

L'été, sur une esplanade au bord de la Garonne. Entre trois voitures, assis sur des glacières une bière à la main, une poignée de petits vieux discutant le coup près d'une table de camping avec un jeu de cartes et un bocal d'olives fourrées aux anchois. Vous vous dîtes qu'ils commentent la partie de pétanque du matin ; je sais, moi, qu'ils parlent commerce, trafics, arnaque et marché noir. Comment ? C'est difficile à dire ; je le sens. C'est une question d'ambiance, je crois...

Dans un bar, en fin d'après-midi, un type au visage marqué, qui vous regarde avec un sourire confiant, finissant une Guiness avec une jeune femme blonde à ses côtés. Un retraité ? Un videur de boîte de nuit attendant l'heure d'aller travailler ? Pour vous, peut-être. Pour moi, un bon vieil irlandais ; un gars qui tient sous sa coupe la moitié des bars de la ville et les trois-quarts des ventes d'alcool. Qui sait que l'argent de votre pinte ira dans sa poche, comme celui de la sienne. Où qu'il aille boire, il est chez lui et il le sait. Tranquille. Sent-il que je l'ai perçé à jour ? Possible ; mais il sait aussi que je ne dirai rien, ou tout comme. Il s'en moque. Si je l'ouvre, il sera plus rapide, plus puissant, plus crédible que moi. Je ne suis rien. Tant mieux.

A vrai dire, c'est comme ça que je m'en sors. Je suis insignifiant. Personne ne me voit, ne me croit. Je pense ce que je veux, puisque je n'existe pas... Tenez, l'autre jour, dans la galerie marchande du quartier, un individu m'interpelle :

"
Hé, pauvre tache !"
Je lui dis : "
C'est clair, je suis une merde, t'as raison.
Il surenchérit :
Pauvre con !
Je réplique :
Héros !
Lui :
Dégénéré !
Moi :
Ouaip. Génie !
Lui :
Connard !
Moi :
Dieu !"

Sur ces mots, je m'en vais tout joyeux, courant presque. Je vous assure, j'exultais. ça ne vous ferait pas plaisir, à vous, d'être enfin estimé à votre juste valeur ? Et même si je valais un peu plus que ça ; qu'on me sous-estime, moi, ça m'arrange. On ne fait pas attention à moi ; et je n'en perds pas une. J'observe, j'enregistre et j'analyse. Et je me tais. Ce que je vous raconte ? Ce n'est rien. Si vous saviez...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 19:56:43 dans SchizoFrenesy... | Commentaires (2) |

La Bombe Magnétique... | 05 février 2009


J'emets sur ondes électro-magnétiques, femme aux regards bleus synthétiques. Fille de l'Homme Médiatique, moi je suis pôles et sans éthique. Mes humeurs sont alternatives, je vous repousse, je vous attire. Comme de juste, je suis irrésistible ; si vous entrez dans mon champ je m'aimante à vous. Le courant passe ? Nous échangeons nos électrons libres. Vous m'appelez ? Je vibre. Des hommes de fer, j'en ai vu sur ma peau couleur cuivre. Combien vers moi ont déchargé leurs accus par à-coups...je ne sais plus. J'explose et je répands l'oubli, comme un 'reset' des données magnétiques du corps. Je leur grille les transistors...

Bombe sexuelle,
à-coeur et ravageuse, je bousille leur carte-mémoire pour m'y décalquer à vie. Mon fantôme hantera pour longtemps leurs disques de sauvegarde... Moi ? Je me renouvelle, je recompose ma carte mère et me rebâtis un système complet, sans interférences. Antivirus intégré, vous ne pouvez pas m'infecter (qu'est-ce que vous croyiez ?). Si vous aimez les sensations fortes, si votre curiosité n'est pas morte, venez : cédez à mon magnétisme animal. Je (vous) saute sans (vous) faire de mal. Tombez le masque, lâchez le clavier, et venez pousser le gros bouton rouge...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 17:03:38 dans Filth and Creations... | Commentaires (2) |

Polar Mind (So Deep)... (2ème partie) | 28 janvier 2009

(Comme j'ai la flemme - et surtout pas le temps - de refaire un dessin, j'extrais ceci de mon projet BD en cours, j'espère que ça vous ira :)


Abandonné de tous, je m'assieds sur les marches pour rattacher, à grand-peine, mes lacets ; le pinard du troquet m'en a mis un sérieux coup, dis-donc. C'est alors que j'avise Justine se fumant une cigarette au coin de la rue, vendant effrontément mes secrets à son benêt de petit ami. On lira demain que je suis bredouille en matière de Durand. Mais qui est-ce, nom d'un chien ?

Je reste là, les bras ballants, sur les trois marches ; plus tard, sur ma gauche, un brouhaha, comme toute une troupe d'apaches qui se feraient discrets. Et je les vois passer dans la ruelle, loin sur ma gauche : Durand ! Ça y est, je me souviens ; un bel enfoiré, celui-là, doublé d'un grand malade. Un type qui faisait des casses avec des sbires habillés en soldats pour effrayer son monde. Ce n'est pas de la prison qu'il s'est tiré, mon salaud, c'est de l'asile ! Aussitôt, je ma planque dans un renfoncement ; les aliénés -
surtout en équipe - passé deux heures du matin, très peu pour moi... Je finis par me geler dans mon trou ; je vide ma vessie dans l'ombre comme un vieil ivrogne, puis je sors et me carapate gentiment. Pas de bol, je me colle à...Henry Durand. Qui me reconnaît, en plus ! Il se met à hurler comme un possédé : « Je le savais ! Salopard, les journaux avaient dit que tu traînerais ici ! ». Je maudis les canards et m'enfuis dans la nuit, poursuivi par le siphonné qui refuse de lâcher son os (c'est à dire, le mien). Une sacrée dent contre moi, qui l'avais oublié. Il voulait peut-être que je lui écrive, à l'hôpital ?

Abrité pour souffler dans l'escalier qui monte à un petit square, je le vois enfin s'éloigner, agitant les bras et vociférant avec désespoir. Je meurs d'envie qu'un riverain lui balance quelque chose du haut d'une fenêtre, pour le faire taire... Si l'aube le surprend comme ça, il ne courra pas longtemps : mais ce n'est plus mon boulot. Je me retourne pour grimper les marches fraîchement cimentées, quatre à quatre, et manque de mourir de trouille en me heurtant à quelqu'un qui arrive derrière. «
Salut, dis-je, je suis l'alcoolique du coin, je ne fais que passer ». L'autre sourit, gratte les poils de son menton et me répond, l'air sérieux : « Moi, c'est la jeune fille du bout de la rue, je reste pas non plus ». Et il se défile sans courir, très correct en fin de compte pour un taggueur à casquette. Je change prestement de quartier, tombe sur une avenue qui commence à s'illuminer. Devant moi, le poste de la Croix-Rouge et des clochards qui s'amènent pour le petit déjeuner ; je n'ai pas de mal à faire illusion. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour un café chaud...

Enfin, je vais me poser au Silène qui vient d'ouvrir, vers les sept heures. Pour une nuit foireuse, c'est réussi, me dis-je en essayant de ne pas coller mentalement le visage de mon assistante sur les demoiselles de Serpieri. Quel sacré vieux pervers je fais... Au fait, je devrais laisser traîner ces vieilles BD sous son nez, au bureau. Ça lui donnera peut-être des idées...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:35:39 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (5) |

Polar Mind (So Deep)... (1ère partie) | 22 janvier 2009


Ecrasé sur la petite table du bar « Le Silène Â» - ça ne s'invente pas - je rumine ma nuit sans sommeil. Sous mes doigts, des pages froissées de Serpieri que je fais semblant de lire ; elles me rappellent un peu trop Justine. Justine Florent...mon assistante - n'allez pas vous imaginer des choses. Je pose un billet de cinq sur la table, histoire de repartir avec un « crème Â» pour une heure de 'soul' crachotante et de réflexions ensommeillées...

Hier... je reçois un coup de fil d'un anonyme qui se croit mon ami ;
tu sais, lance-t-il tout à trac, qu'Henry Durand n'est plus en cabane ? Sans doute, me dis-je, grand bien lui fasse. Qui est-ce ? C'est toi qui l'y avait collé, non ? Ah... Je dois dire que ça n'a pas marqué mon subconscient. Et il préparerait un gros coup, c'est dans le journal, page 8... Hé bien, ça ! Si même les journaleux sont au parfum... Enfin, s'il paraît que je connais Durand, qu'on s'attend à ce que je fouine, alors je fais aller fouiner. Qu'à cela ne tienne ; c'est mon boulot. Dans l'entrée, je réveille Justine qui ronfle allègrement, le front calé sur le clavier du portable en veille. Je me demande pourquoi je la paye, celle-là : une assistante. Etudiante en Lettres un tiers du temps, danseuse en boîte de nuit le second tiers et roupilleuse professionnelle dans l'antichambre de mon bureau pour payer ses extra quand elle s'en souvient. Je suis pour aider la jeunesse, moi ; mais elle ne m'aide pas beaucoup. Question galipette, je n'y touche même pas : Mademoiselle a un copain, pigiste au plus branché des canards de la capitale...

En milieu d'après-midi, je fais le tour des bijouteries -
c'est mon rayon, les cailloux. Mais pas de casse spectaculaire, pas l'ombre d'une voiture bélier chargée de braqueurs à cagoules ; rien. Le vide tel qu'il me faut attendre le soir pour faire le coup de poing, dans une gargote où je suis allé combler le déficit de mon estomac avec Mademoiselle Roupillon. Une petite frappe qui comptait s'arroger la caisse, armé d'un cutter - on a fait mieux... La gargotière aurait su s'en dépatouiller ; mais je fais sauter la lame d'un coup de gant, colle aussitôt après ma poigne dans la tronche du gosse mal élevé qui, bêtement, bronchait encore. Entre deux flics il faisait moins le malin, l'asticot. Soignant mon arcade amochée dans l'embrouille, je sortis sans un merci : bienvenue dans le monde moderne. C'était l'heure de la fermeture, de toute façon ; et mon assistante boutonneuse s'était envolée - me laissant régler sa note - sans que je m'en aperçoive.

(à suivre)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 19:36:11 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (3) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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