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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Doña Chochita... | 08 mai 2012

Fond sonore : [Yma Sumac - Pachamama ]

(Doña Chochita, accueillant son époux Hernàn / "l'Indien", 1540)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 00:28:42 dans Filth and Creations... | Commentaires (3) |

I Believe In [Nuns]... | 21 avril 2012

Fond sonore : [Them Crooked Vultures - Gunman]  


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 01:50:46 dans Filth and Creations... | Commentaires (2) |

JACKRABBIT FLIGHT (Mort d'un crétin sur l'autoroute) ... | 16 avril 2012

Fond sonore : [Jack White - Love Interruption]

 

J'allais les poings dans les poches de la veste, le long de l'autoroute au Sud-ouest de Santa Fé ; j'aimais bien marcher dans la pénombre fraîche du soir, avec les quelques relents de chaleur qui viennent de l'asphalte par bouffées. Les voitures passaient très vite, leurs pinceaux lumineux m'aveuglant quand je ne fermais pas assez vite les yeux. Rien n'est plus désert, plus mort que le bord d'une route à la nuit tombée ; même les voitures qui passent, pressées, ne sont plus que des coques vides conduites par GPS, les conducteurs endormis ne sont déjà plus là. Ils pensent à leur maison, à leur femme, à leur lit. Et moi, je pense brièvement à eux : je les regarde regagner leurs terriers, j'attends qu'ils soient tous enfermés, claquemurés jusqu'au lendemain dans leurs chambres surprotégées, leurs habitations étanches - qui me garantissent, à moi, bien plus de tranquillité dehors qu'à eux en-dedans. Je profite avec bonheur de cet espace qu'ils ont laissé libre...il arrive aussi, de temps un temps, qu'un lièvre me déboule entre les pattes sans prévenir, et je manque à chaque fois de crever de peur. La route me tente aussi pour d'autres raisons, moins avouables ; une fascination qui me suit depuis l'enfance, de vieux fantasmes auto-destructeurs qui me hantent et avec lesquels j'ai appris à vivre, à force de patience, un peu comme les alpinistes avec le vide. Le plus souvent, je trace tout simplement mon chemin dans l'obscurité ; je reste en dehors de la lumière des phares, pour la regarder sans risquer de m'y brûler. Dans ma tête aussi, je marche. Je construis des itinéraires, je suis des voies familières. Parfois ce sont des artères, et parfois des voies sans issue. Dead end. Ces dernières sont les plus dures, parce qu'il faut revenir en arrière ; ou du moins, sortir des sentiers battus pour tailler à la serpe de nouvelles pistes de vie. J'étais perdu ce soir-là ; au kilomètre 26, à une centaine de mètres à peine de mon foyer où dormait Martina. Cette proximité me broyait le coeur comme l'auraient fait les serres d'un rapace ; je pourrais marcher jusqu'au bout du monde, jusqu'à Roswell ou Albuquerque, qu'importe, ça ne serait jamais assez loin tant que je saurais que je vais revenir en fin de compte me coucher près d'elle, rejoindre cet amour triste, voué à l'échec. J'avais tellement cru qu'un jour je pourrais la changer, l'aider à affronter comme moi les obstacles de la route, surmonter les embûches du quotidien ; j'avais cru aussi que c'était ce qu'elle voulait, mais j'avais tort. Elle m'admirait, elle m'adorait. Devenir 'moi' (devenir quoi ?) en revanche n'avait jamais fait partie du plan ; et les projets d'avenir s'étaient fanés un à un, lentement, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Juste nous, et un grand vide autour qui nous rendait plus malheureux chaque jour. Ma détermination même avait fichu le camp... Je ne savais plus, je ne voulais plus ; en fait, j'avais juste envie de me planter au bord de la route, et de rester là à hurler jusqu'à ce qu'on m'abatte. Les brindilles craquaient sous mes pas. J'avançais à pas mesurés, les yeux suivant les pointillés. Les bagnoles filaient dans un halo, me prenant au passage dans un tourbillon qui m'attirait, me rejetait comme dans un jeu de séduction morbide. Ne pas trébucher, ne pas perdre l'équilibre. Juste longer la ligne...

Et
BAM. Je n'ai pas compris. Deux phares au sortir du virage, un choc - une énorme gifle. Je n'entendais plus rien, je n'y voyais plus ; affreusement mal à la tête, me dis-je soudain. Le cou endolori comme après le coup du lapin... étais-je donc mort ? Je commençais à le croire. Et puis non : j'étais toujours là, au bord de la route, à regarder passer les 30-tonnes. Mon visage me brûlait, je me sentais bizarre...mais calme tout à coup. Apaisé. C'était si simple ! Adieu, les soucis stériles, tout ça n'avait en réalité que si peu d'importance... La solution existait, j'en était sûr à présent. Quant à savoir laquelle, un jour, je saurais bien. Il n'y avait plus qu'à retourner s'allonger dans le noir, dans la fraîcheur de la chambre - Martina laissait toujours la fenêtre ouverte, derrière les persiennes. Profiter tout simplement des derniers moments de tendresse avant la fin, cette conclusion inéluctable, contre laquelle on ne pouvait rien. Mais qu'importait ? Une sérénité nouvelle m'envahissait brutalement - j'avais sommeil. Ce n'est qu'en arrivant que je réalisai qu'il restait une bizarrerie, un détail ; un tiraillement inexpliqué des pommettes, une odeur âcre, inhabituelle. Je rentrai silencieusement dans la chambre, me glissai dans la salle de bains, allumai le néon : et je vis, dans le miroir au-dessus du lavabo, mon reflet. Mon allure nouvelle... C'était un lièvre. Pauvre bestiole, qui avait dû débouler dans les roues d'un pick-up un peu avant qu'il arrive à ma hauteur ; c'est lui qui avait pris la gifle, propulsé dans l'espace comme un pantin désarticulé - pile dans ma gueule déconfite. J'avais la tête rouge du sang de la bête sacrificielle, le nez cassé, des bouts d'os plantés dans mes joues comme les trophées sauvages d'un rituel de chasse papou. Des touffes de poils gris-brun collées ça-et-là complétaient l'ensemble : je restai comme hypnotisé devant cette image surnaturelle une bonne partie de la nuit. Le hurlement de Martina, arrivée sans que je l'entende, réveillée peut-être par la lumière, rompit le charme : je n'avais plus peur, plus mal au cœur, plus d'angoisse - mais j'avais soudain le visage en feu. Putain de lièvre...

FIN 

 

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 01:40:44 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (2) |

La Religion Du Vide... | 08 avril 2012

Fond sonore : [Moby - New Dawn Fades]

 

C'était peu de temps avant la fin, une de ces journées grises où les gens, las d'attendre la dégringolade fatale, choisissaient de prendre le large et d'aller voir ailleurs, comme disent les Arméniens, si la misère y était moins pénible. Ils étaient en fait incapables de tenir en place ; près de chez moi, un groupe de paumés avait mis collectivement fin à l'angoisse au moyen d'une bouteille de gaz et d'un dispositif de mise à feu. On les avait retrouvés carbonisés ensemble, comme dans un barbecue romantique ; la cave où ils gisaient encore me rappelait les bunkers où je jouais petit, pleins d'impacts de balles et de fragments de caoutchouc brûlés, de bouts d'affût à mitrailleuse tordus et autres restes impossibles à identifier. J'aimais bien ces endroits morbides, qui flattaient ma tendance à m'entourer d'horreur et d'ignominie, comme un barrage, un gros machin dissuasif contre lequel les petites conneries du monde ne pouvaient plus rien... D'autres avaient préféré vivre à fond leurs derniers instants, quitte à cramer ce qui leur restait de temps et d'énergie pour claquer plus heureux ; ce matin encore, j'avais vu ma voisine passer dans le couloir, traînant son mouflet derrière elle. Quand ils avaient fait l'annonce, elle s'était dit qu'on en avait plus pour longtemps, et elle s'était offert du bon temps avec tout ce qu'elle avait pu trouver d'hommes prêts à fêter la fin du monde au cœur d'une gigantesque orgie de sexe et d'alcools. Finalement, ils étaient partis voir plus loin si le monde s'écroulait aussi péniblement, formant peut-être bien la secte des Fornicateurs des Derniers Jours ; mais elle était restée, un peu sonnée de voir que ce n'était pas encore fini et ce gamin lui était né, comme un pied de nez à l'insouciance de la fin des Temps. Elle n'avait même pas pensé à se faire avorter. Elle le traînait partout maintenant, symbole vivant et morveux de l'injustice de cette fatalité qui, même annoncée, se faisait encore attendre. Moi, j'espérais qu'ils partiraient tous et que, par un caprice du hasard, personne n'aurait l'idée de venir prendre leur place. Je voulais finir seul, sans cette hypocrisie généralisée de l'accompagnement vers la mort dans laquelle, en fin de compte, on est toujours seul. Autant s'habituer...

 

Alors était venue la grande arnaque ; la rumeur qui disait que quelqu'un, quelque part, avait trouvé LA solution. C'était là-bas, loin derrière les océans, et du jour au lendemain, tous voulaient y aller, s'échapper peut-être. Au fond de moi, je savais que ce n'était pas vrai ; eux aussi, j'imagine, mais leur foi débile en un miracle même pas mérité fut la plus forte. Ils rassemblèrent les derniers barils de pétrole, et les usines exsangues sortirent de leurs entrailles presque taries des avions, de grosses machines ventrues et bariolées équipées pour embarquer un maximum de rêveurs crédules vers les lointains et chimériques bras du Protecteur Providentiel. Un Christ du Corcovado planté sur sa colline, accueillant de son sourire aveugle les migrants radieux séduits par ses mensonges, mille fois répétés mais qui portent toujours. L'humain est incorrigible... Assis sur mon promontoire, mon trône rocheux dominant la plaine, je savourais ma victoire prochaine, emportée sans coup férir : ils allaient partir ! Ma brune, seule ombre au tableau, s'en allait aussi : mais je n'aurais bientôt plus besoin d'elle - surtout si elle croyait au mythe de la rédemption. J'ai eu cette faiblesse, aussi, mais j'ai bien vite compris que le salut passait par la mort, et j'ai encore envie de traîner un peu mes guêtres dans la poussière des chemins. Adieu donc, et que le vent te pousse ! Je les vis tous, de mon perchoir, grouiller comme des cafards vers les appareils en attente, accroupis sur leurs pattes fragiles avant de s'élancer dans l'azur, chargés jusqu'à le gueule de naïfs adorateurs d'un Dessein Intelligent qu'on attend toujours. Je les vis s'envoler, lourdes caravelles d'acier ; quand la dernière eut pris son vol, soulagé et surpris à la fois d'être enfin libéré, je ne pus retenir une larme. Vestige d'un sentiment confus pour celle qui m'avait trahi au profit d'un rêve ? Peut-être. Mais elle séchait déjà sur ma joue lorsque je vis la Chose se produire. Inattendue, imprévisible et soudaine : une métamorphose spectaculaire. Les caravelles, grands cétacés de métal, se cabrèrent tout à coup sous les rênes de leurs cochers impuissants ; rompant l'invisible fil qui les commandait, elles poussèrent d'abord dans l'air tremblant et rouge un cri triomphal à faire saigner mes tympans déchirés, un chant de victoire bestial comme on en entend plus depuis le Crétacé peut-être. Puis dans un bel ensemble, engloutissant les gens dans leurs ventres béants, les créatures machiavéliques plongèrent lourdement vers la mer. Elles s'y engouffrèrent dans un énorme rejaillissement d'écume, une vague folle venant lécher mes pieds jusque sur mon haut repaire. Et je les vis s'enfoncer d'un bloc vers d'insondables abysses, croyant entendre encore, avant que l'eau sur elles ne se referme, comme un chant mystérieux et sombre... Cet appel étrange, intangible, résonne encore en moi tandis que je parcours les chemins défoncés et vides, errant dans la lande comme le dernier des chapardeurs ; et quand je me le rappelle, que j'en égrène les notes, timidement, entre mes dents - allez savoir pourquoi : je me prends parfois à sourire.

FIN 

 

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 20:26:59 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (3) |

Isadora Pizarriñha Cortés... | 30 mars 2012

Fond sonore : [Sao Paulo Underground - Pomboral]  

(...il fallait que je fasse son...portrait (voir mon modèle ici) ! ;) 


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 02:50:12 dans Filth and Creations... | Commentaires (3) |

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Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (celles en français) pour : ce groupe ; allez-y, vous verrez :)...

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