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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Dernier Des Con[VERTi]s... | 10 janvier 2012

Fond sonore : [Rory Gallagher - Calling Card]

(...LE DERNIER DES CONS...)

Avec le temps, il avait fini par se laisser reprendre ; de toute façon, qui aurait bien pu croire que sous le Nouvel Ordre Mondial, on laisserait quelqu'un traîner à ne rien faire ? Lui, en tout cas, il y avait cru, sans quoi il se serait prudemment fait sauter la tête. Mais non ; on ne méprisera jamais assez ces foutus romantiques...

A sa décharge, la réadaptation n'avait pas été sans mal ; et pas plus que sa cirrhose elle n'eut le temps d'être un franc succès.
028Alpha-Chanima2_99-F (pour bonnet F), pas revancharde pour deux sous, faisait vraiment tout son possible. Un véritable modèle de calme et de compréhension, malgré les deux petites cicatrices rondes qui lui faisaient 4 jolis tétons vert menthe. Reclassée E dans l'aventure, elle gardait une dent plus que dure contre cet espèce de salopard dégénéré - ainsi l'appelait-elle quand il se ramenait, bourré, suintant le vin de palme verte et qu'il se faisait tout sauf tendre dès lors qu'elle l'attachait pour le mettre au lit (procédure standard pour un découcheur, fût-il pré-nuptial). Un déchet, un sous-humain qui n'avait pas même été fichu de lui faire un petit, malgré ses talents inimitables d'accoucheuse de semence ! Elle avait eu beau pressurer, caresser, se compromettre aux plus avilissantes pratiques que cet esprit bassement terrestre ait pu concevoir, rien. Pourtant, ça aurait dû marcher : elle avait fait des analyses, tout baignait, mais ça ne marchait pas.
§ù*ù$µ%£*ù*ù!:#$^* !!!

Pour sa part, il n'en avait strictement rien à...
oui, justement. Il aurait pu en tirer plaisir ; mais il n'en avait plus envie. Plus rien ne comptait, sinon son ulcère qui grossissait, grossissait, devenait énorme : il fallait qu'il saigne. Mais ça, 028Alpha-Chanima2_99-...E, elle ne pouvait pas comprendre. Elle lui faisait avaler des jus de légumes, des choses immmondes saveur chlorophylle qui, implacablement, faisaient taire la douleur, recousaient, repulpaient les parois. Il se réveillait tous les matins avec un oesophage neuf ; et sans un teint légèrement bilieux, on aurait pu croire que la vie reprendrait le dessus et peut-être, avec ça, l'idée de produire des rejetons. Alors il s'alcoolisait, à nouveau, il mâchait des citrons (verts) à s'en déchausser les dents et noyait au rhum et à l'absinthe le souvenir de ses vertes années à lui. C'était fini, ça, quand finiraient-ils tous eux aussi par l'admettre ?

Ce soir-là, il fut encore plus odieux que jamais auparavant ; peut-être se sentait-il faiblir, peut-être commençait-il à s'attacher à elle ? Toujours est-il qu'il y eut bris de verre, et éclats de voix très coupants. A ce qu'on dit, plutôt que de
brouter du vert, il se voyait bien mieux bouffé par les vers ; enfin, des mots colorés, quoi. Toujours est-il qu'elle dérapa : "...mais achève donc de mourir, fin de race !" Il eut à peine le temps de voir qu'il avait gagné ; comme une mante, elle avait déployé ses bras, non pendant le coït comme les religieuses mais en pleine préparation cullinaire. Les tranches de concombre volèrent ; et sa tête roula, s'envola. Ce fut net, et presque sans bavures. Du jus de viande dans le gaspacho, un peu de rouge dans la soupe au poireau.

Et basta...

(coupé) FIN

 

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 00:13:14 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (3) |

On The Bridge (Le Tousseur)... | 24 décembre 2011

Fond sonore : [Black Mountain - Night Walks]

Depuis le début, c'est pareil : j'ai toujours été le souffreteux de la bande, la chose, 'faut pas chercher à comprendre'... Vivre, je voyais pas trop l'intérêt ; fallait pas ceci, pas cela, et la viocque elle te parle mais c'est pas à toi qu'elle s'adresse. Fallait lire entre les lignes, comprendre le texte et le sous-texte, lutter : question de survie. De sur-vie. J'étais que déviation, déviance, j'ai dévissé par principe. Rester figé au milieu des glaces, voir les gens partir et la chaleur s'envoler en petits ronds de fumée. Tousser... Bientôt, je n'ai plus su vivre sans adversité, sans contrainte, sans handicap ; je venais à l'école en short et T-shirt par -10° rien que pour choper une saloperie de bronchite, un truc qui me rende malade d'exister, qui me donne une raison de vivre, un moyen de survivre. Fallait que j'aie le sentiment de crever pour aimer être là, debout sur mes pieds au milieu de ce bordel de gens qui aiment, qui haïssent, et tout ça le plus naturellement du monde. J'aimais personne ; c'est un truc de vivants, l'amour, c'est pas pour moi, et puis ça fait fondre la neige. Sauf que mon coeur, il bouillonnait comme une cocotte minute qu'a plus de soupape, il gonflait, il ronflait comme une vieille locomotive et ça fumait dans ma tête. Alors je suis passé en mode 'sacrifice-lover' et j'ai balancé la sauce : j'ai tout donné, tout sorti de ce coeur démesurément frustré, j'ai aimé à n'en plus finir, à n'en plus rien avoir, n'en plus rien pouvoir. Jusqu'à ce que ça finisse par craquer, que le muscle claque comme un vieil élastique et revienne me donner une grande gifle. Et me voilà de nouveau perdu, dans les mêmes rues, avec le vent comme système de refroidissement de ma caboche brûlante. Sans ça, je cramerais de l'intérieur... J'ai fini par ré-apprendre à tousser ; la clope c'était pas mon truc, mais j'ai essayé de boire à m'en faire un ulcère, juste pour cracher un peu plus que de la bile, quelque chose avec un goût plus définitif. Je suis là, debout sur la rambarde, en équilibre ; une quinte, et j'envoie dans les flots bouillonnants, grossis par les pluies de l'Hiver, un glaviot venu du fond des tripes. J'espère un peu d'énormes tentacules surgissant du fond des temps pour venir m'entraîner, pantelant, brisé, expier cet affront dans les profondeurs froides et glauques sur quelque immonde pierre sacrificielle...mais non. Je reste sur le pont, moribond, sans même savoir si je tombe ; tant que je cracherai pas du sang, je me sentirai pas totalement vivant. Chienne de vie...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:36:43 dans Ombres DePression... | Commentaires (2) |

Green [t]Error / Tech Addict... (2) | 01 décembre 2011

Gat' 2011

...et une illustration pour le précédent post ! :)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 20:49:59 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (2) |

Green [t]Error / Tech Addict... | 28 novembre 2011

Fond sonore : [Monster Magnet - Queen Of You]

(LA MORT DE LA TECHNOLOGIE)

C'était un peu après 2025 ; la date, tout le monde la connaît. Vous ne vous souvenez pas ? Ouais, je m'en doutais. Déjà depuis un moment, la technologie avait mauvaise presse ; les gens s'étaient subitement mis à redouter pêle-mêle l'énergie atomique, la fusion thermonucléaire et les usines de recyclage de panneaux solaires.

Tous ces moutons n'auraient jamais renoncé à leurs écrans plasma, mais le gouvernement méditait une politique là-dessus ; le matériel électronique fut confisqué de manière systématique par les agents de la police de proximité. Les agents d'assurances furent chargés de faire régulariser les appartements aux nouvelles normes : plus de courant électriques, plus d'engins mécaniques consommant un tant soit peu d'énergie. Consommation zéro. Evidemment, avec les Verts au pouvoir... Personne n'avait vu venir le coup ; plutôt que d'innover, la société s'était, comment dire ? Rétractée.

J'avais pensé me rebeller, au début ; mais qu'est-ce que j'aurais bien pu faire de ma guitare électrique ? Alors j'ai fait comme tout le monde, je les ai laissé tout prendre ; j'ai juste gardé mon accoustique, un petit Bouddha en or au bout d'une chaîne, ce genre de trucs à valeur sentimentale.

(...et une paire de flingues)

C'est alors qu'ils ont débarqué ; ils arrivaient de je-ne-sais-où, certains disent d'Aurora et d'autres de Pluton. On les appelait 'les autres-verts' : parce qu'ils avaient le teint couleur Granny-Smith, et aussi à cause de ce super-poumon écologique qu'ils portaient en leur sein, sacré, comme la pomme des Hespérides. Plusieurs bons milliards d'individus...

Ils en avaient prévu un pour chacun ; un (ou une) partenaire, idéal(e) pour procréer la nouvelle génération, avec des poumons qui recyclaient l'air, créaient de la ressource et nous relègueraient à l'état de vieilles machines obsolètes. Des machines ! Oh, ils les avaient fait mignons, leurs masques d'humanoïdes ; membrés comme des étalons ou 95D à croquer, il y en avait pour tous les goûts et même plusieurs pour ceux qui voulaient faire du zèle, sexuel, aux yeux concupiscents du Pouvoir-Collabo. A l'entretien, j'avais tâché de faire bonne figure :

"Gatrasz Hermlin ?
-C'est moi.
Appartement aux normes ?
-Totalement vidé...

(...sauf une paire de flingues)

Nouveau partenaire attribué ?
-Euh, oui : 028Alpha-Chanima2_99-F (pour bonnet F).

Et on exigeait que j'en prenne soin, que je lui sois fidèle pour les besoins du programme génétique, etc, etc... Contrat en triple exemplaire, j'ai signé, j'ai pas moufté ; mais j'avais mon idée et j'attendais mon heure.

A livraison, vous lui ferez bon accueil ?
-Oui.

(vous rigolez ? Pour qu'elle me fasse son numéro de charme ? On les envoie pour nous choyer/baiser/sucer, ces créatures, et je me laisserais faire ? Plutôt crever...)

A présent, je suis chez moi, debout sur le seuil ; et dans le nuage de poussière soulevé sur la route par les vents de sable, j'attends qu'on me délivre ma compagne-espion génétique : assoiffée de sexe, dévoreuse de patrimoine, avec un petit arrière-goût de pomme sauvage (on pouvait même choisir la saveur de sa peau...). Je n'ai rien d'autre pour la recevoir que mes poings au fond de mes poches...

(...et cette fameuse paire de flingues. Deux balles dans chaque chargeur)

Quand elle apparaîtra devant moi (c'est sûrement l'affaire de quelques nano-secondes), tout sourire synthétique, je resterai d'abord immobile ; puis je lèverai mes flingues, un dans chaque main. Je viserai les seins, puis je lui délivrerai mon message, en plein dans ses deux poumons verts.

(une si jolie paire de balles...)

Ensuite, je disparaîtrai. Je m'évanouirai dans le désert, me cacherai parmi les rochers. Et si on me retrouve, pour me faire payer mon outrecuidance assassine, j'utiliserai mes deux dernières cartes, mon joker. Un sur chaque tempe...

BA-BANG !

 

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 02:11:33 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

The e[X]perience... | 23 novembre 2011

Publié par Gatrasz à 02:23:52 dans Filth and Creations... | Commentaires (2) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (celles en français) pour : ce groupe ; allez-y, vous verrez :)...

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