• Photo : Gat' 2010

    ...ce que je suis...sans l'être (enfin, pas tout à fait) (ou presque)  ;)


    Gatrasz.


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  • (Non, ce n'est vraiment pas possible en ce moment ; je voudrais poster, publier, cracher...enfin, quelque chose, quoi, mais...non, rien. Faut croire que mon temps est (bien) mort - pour l'instant. Alors je vous colle un  peu de musique, moi ça me plaît, et ça raconte un peu ce que j'aimerais dire...quelque chose comme ça. Allez, à bientôt, les gens ! Clin d'oeil )

    EDIT : Bon, et puis si c'est trop bourrin pour vous, écoutez plutôt CE bijou, c'est soft, c'est blues et ça me colle carrément des frissons :


    Gatrasz.


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  • (Photo : Gat'2010)


    Voilà ; sous un nuage un peu plus sombre est arrivée l'heure de nous mettre en mouvement. Un vol de mouettes qui passe très bas sur nos têtes envoie le signal du départ : et vlam!, un riff bien lourd qui leur ébouriffe les plumes et les fait tanguer. Le rock, ça ne se fait pas à moitié ! L'un des volatiles s'écrase contre un lampadaire, j'entends le batteur là-derrière qui s'emballe et lance la machine. Il faut voir la trombine des automobilistes qui s'endormaient doucement dans l'embouteillage, ils ont la bouche ouverte et les yeux fous quand ils comprennent, douloureusement, que nous ne sommes pas les figurants de la pièce. Non, nous sommes les artistes, on repassera pour la vue mais on vous en envoie déjà plein les oreilles...

    Une bourrasque s'est levée dans mon dos ; pliant les genoux, je me penche en arrière pour faire contrepoids, enchaînant ponts et accords syncopés. Les cheveux du bassiste ondulent à l'horizontale comme les doigts démesurés d'une anémone étrange, il secoue sa tête en une muette prière aux nuées et aux vents. Je me dis qu'il est temps, l'incantation est mûre pour être enfin lancée, ô démons et marées, prenez votre attirail et venez nous rejoindre ! Le spectacle sera à en perdre le souffle, déjà je vois les voitures glisser sur le bitume tandis que je desserre les dents. S'échappe un sifflement de ma bouche entrouverte, un chant retenu trop longtemps qui voudrait maintenant rompre mes mâchoires et s'envoler librement, fracasser les murs et emporter les gens, là-bas, loin, là où il n'y a plus rien que quelques oiseaux blancs. L'océan...

    Je crie à présent, très certainement, mais je ne m'entends plus tant est fort le courant, torrent sonore ponctué de vibrations quasi-sismiques qui vient briser la pluie et l'entraîne à l'horizontale. Un mascaret emporte les autos par-dessus le pont, formant autour de nous un cercle d'ahuris sentant la dernière heure arriver d'un jour exceptionnellement court. Quelque chose de définitif se lève et gronde à notre appel, derrière nous s'amène une chose indéfinie mais qu'on devine irréversible. Il était temps, il ne restait rien d'autre à faire. Avec nous le déluge, oui, mais quelle fête ! Autour de nous volent les flocons et les gens, puis ce sont les voitures et des fragments de béton qui prennent leur envol : d'énormes icebergs ont fracassé le pont, n'épargnant qu'un pilier où nous jouons toujours, indifférents ; je doute qu'un jour quelqu'un entende la fin de notre unique chanson. Je m'en moque à vrai dire, tout est vrai dans l'instant, rien qu'un instant mais de toute beauté. Comme si on avait su que ça allait arriver. Nous, on est venu pour accompagner. La fin du monde, ça méritait bien qu'on se sorte les mains des poches et qu'on joue quelque chose, non ? Voilà qui est fait ; à plus tard donc, et après moi... c'est ça, vous connaissez la chanson !

    FIN


    Gatrasz.


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  • (Photo : Gat'2010)


    La bourrasque prenait peu à peu de l’ampleur ; elle nous apporta en même temps que le froid, Nicolas, le bassiste. Débarrassant mes yeux de la neige fondue qui s’y accumulait, je vis avec reconnaissance qu’il avait apporté du café...

    Serrant dans mes doigts engourdis le gobelet en plastique fumant, je me brûlai les lèvres et la langue avec délices ; je sentais dans mon corps la chaleur qui venait reconquérir chaque organe, chaque membre, comme si mon sang réchauffé diffusait partout la bonne nouvelle. Une perfusion de café ! Je m’attendais presque à voir la vapeur s’élever de mes jambes, de mes bras, monter en volutes blanches au-dessus des trois musiciens mentalement dérangés qui attendaient là leur mystérieux signal...

    Ensuite, chacun reprit place dans sa petite tour de concentration ; un coup de chiffon pour éponger un peu l’eau qui saturait les instruments. Ne pas provoquer un court-circuit en branchant la guitare à l’ampli... Décidément, il fallait vraiment qu’on soit fêlés, complètement décérébrés pour avoir eu cette idée : pas le moindre grain de bon sens, pas une once de raison dans un tel projet. Mais bon : je crois que c’étai ça, justement, le projet...

    (à suivre)


    Gatrasz.


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  • [Photo : Gat'2007]


    Nous revenions avec la Miss d’un retour aux sources bien mérité, un stage
    mémoire et rock’n’roll avec des guitares et du chianti, des phyllosilicates et un homme dindon (pas moins). Rien qui prédispose aux visions prophétiques ni aux nausées en chemin de fer, en somme ; et nous cheminions, cruciverbiste et vagabond zensunni dans l’âme. Une salade et un sandwich plus tard, nous avions franchi 500 km et le retour se confirmait sans anicroche, avec une dizaine de minutes d’avance - même dans la voiture de queue. Dix minutes en tout point spéciales, on allait vite pouvoir s’en assurer. Il a fallu qu’on prenne du retard à ramasser nos affaires, on avait dormi un peu plus que nécessaire et le Corail attendait sagement, vide à notre exception notable. Nous descendîmes sur le quai, et là, nous frappant au débotté comme le plomb un pigeon voyageur...le silence. Mademoiselle, qui est musicienne, l’attrape au vol et me le tend : c’est vrai, pas une voix, pas un bruit de machine ou de klaxon nocturne. Quelque chose comme un vide entre les enchaînements sonores de la symphonie urbaine ; et l’étrange constatation que non, il n’était pas tout à fait pur, ce silence. Il y avait un petit truc, un Adaggio for Strings qui courait sur les quais comme pour nous signifier l’instant sacré de calme plat, la première bouffée d’air frais juste après la survenue brutale de l’Apocalypse (elle ne peut arriver doucement, sournoisement, ça ne serait pas rock’n’roll).

    On se regarde tous les deux, on se dit qu’on est les deux derniers et que pèse sur nos épaules le lourd fardeau de repeupler la Terre ; enfin, pas trop vite, on est très bien à deux
    avec le chat entre nous pour amortir les petits heurts du quotidien. Plus jamais de loyer à payer, je me dis ; pas de médecin mais bon, on n’a qu’à pas tomber malade aussi, tant qu’à faire. Elle me fait remarquer que c’est quand même un peu glauque, le coup de la musique classique après que tout le monde soit mort : un bon gros Heavy Metal, pour fêter ça, ce serait mieux. Personnellement, je préfèrerais un joli petit blues (parce que le Heavy ça se danse et là, voyez-vous, le voyage en train m’a un peu fatigué). T’es sûr qu’on s’est pas trompé de gare ? Je me le demande ; on a du descendre du mauvais côté, rater d’un chouïa la bonne dimension, et nous sommes dans un univers parallèle. A côté de nos pompes, sur une autre longueur d’onde. Une autre vibration... Nous errons dans les couloirs souterrains, à l’affut ; personne. C’est qu’on se mettrait presque à y croire !

    Et puis,
    vlam, l’escalator qui se met en marche en nous voyant : ça fiche un coup, y’a aussi une machine qui a survécu à la fin des temps ! Nous l’empruntons, prudemment, flairant le piège ; tout à coup, tombant sur nous sans prévenir, le temps nous rattrape et nous voici à l’heure, revoilà les avertisseurs et les cris d’enfants, les gens qui nous bousculent et s’en vont sans s’excuser. Un brin de déception, désillusion presque amère mais pas tout à fait. On avait tout simplement dix minutes d’avance sur l’horaire du reste du monde : le décor n’était pas encore en place, les figurants étaient pile à l’heure et le train, pour une fois, un peu trop rapide. Voilà tout. Fin de l'histoire... Maintenant je vous laisse, j’ai un très, très bon CD - 4 pistes à écouter.

    (et ne faîtes pas attention aux incohérences de temps, c'est juste pour faire plus intemporel)


    Gatrasz.


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