Approche-moi, Toi qui possèdes une âme Et moi qui n'ai que la Vie Nous voilà bien empêtrés, tous les deux... Je voudrais poser mes doigts Sur ton visage, blanc et translucide Comme le ventre des poissons Froid et humide Comme des larmes qui n'auraient jamais voulu sécher Au milieu, tes yeux Puits noirs et profonds, deux abîmes Aux regards de goudron, qui m'engluent... Je ne sais pas qui, de toi Ou de moi, colle mes doigts Et coule de mes blessures, Stigmates d'incompréhension... Dans mes mains ton âme repose Comme une fée dans un écrin Que tes mains viennent sceller. Je sais qu'un jour elle voudra prendre son envol Loin de moi Et tu t'échapperas à sa poursuite Plus tard, mes larmes sècheront Au réceptacle de mes fautes Mais tu sauras trouver un abri... Fassent les cieux, ou bien moi-même Qu'un jour je sois celui-là Montre-moi comment utiliser mes dons Bien inutiles si tu n'es pas là pour m'apprendre A m'en servir... Indique-moi la voie ; montre-moi ma croix Je ne suis qu'un effroyable gâchis Sans toi...