Je suis un loup (qui s'est mordu) J'aimerais hurler à la Lune Mais elle reste obstinément cachée Pudique... Et, debout sur le parking, Les deux pieds dans les flaques de ma tristesse, J'ai froid. Le vent m'arrache les dernières parcelles de vie Et pas moyen de résister Je suis fatigué Les mains dans les poches, le nez en l'air J'attends que le Ciel pleure pour moi Ses larmes sur mes joues, La caresse de ses flocons sur mon visage Comme des cils gelés qui fondent... Mon coeur se remplit d'eau de pluie Mais je ne sais pas crier ; Alors la peine sécoule péniblement A travers les pores de ma peau Infiltrée, exfiltrée, filtrée Elixir de mes sinistres pensées Qui ronge jusqu'à mes chaussures...