Je ne sais pas Où mes pas peuvent me mener ; cette ville Est trop petite pour moi... Je voudrais Des rues et des ruelles qui se croisent Dans un éclairage défaillant, sous une bruine persistante Me perdre Marcher au milieu de la route... J'ai besoin de solitude Pour oublier les remarques omniprésentes, les murmures Assourdissants Je suis bien sous la pluie, tout me semble beau ainsi Même moi... Je rêve d'amour Dans une laverie automatique Seuls, tous les deux Sur le carrelage douteux et froid du sol et des murs Oublier dans tes yeux qui je suis, ou qui je ne suis pas Lentement, nous déchirer Sentir tes dents, une à une, et laisser mes marques Sur ta peau blanche de petite grenouille malade d'exister... N'être rien pour les autres Tout pour toi, pour moi Exister seulement pour aimer Souffrir pour exister Par ma douleur, je t'aime Sans tes ongles, je ne suis rien... Ma peau étouffe de ne rien sentir, qu'on ne la touche pas C'est en dessous que ça se passe Juste en dessous Sous la peau, affleurent les nerfs C'est pour ça que je n'ai pas mal C'est cette force que j'ai en moi qui me ronge Parce que je refuse de la laisser sortir Elle se venge de mes peurs... L'influx nerveux va dans le mauvais sens Le cerveau dit "je souffre", et les nerfs simulent Et c'est mon corps entier qui ne comprend plus, Qui me rend fou A présent, mes veines ont cessé de gicler Sur toi La fatigue est tombée sur moi Comme un plafond qui s'écroule... Overdose électrique Les joints du carrelage ont rougi Et je n'ai plus froid... Tant pis. On recommencera demain.