O, êtres du Soir, Avez-vous reculé sous le feu ? Avez-vous montré vos ailes à ceux qui vous défiaient ? La mémoire que vous laissez reste nette Vierge des trous qui vous percent aujourd'hui Et des souillures du temps Petits dieux sans espoir Vous courez à la gloire comme des chiens perdus Mais vous n'en avez plus besoin Et regardez sans comprendre Vos fantômes continuant à vivre sans vous Soyez philosophes, ou mieux, soyez poètes La mort, vous n'en avez que faire Vous qui n'êtes pas mes amis Car vous n'existez plus. Je vous demande encore une dernière faveur Avant la nuit; la vraie, pas la vôtre Quand vous aurez compris Ne nous oubliez pas trop vite Venez nous révéler les secrets de l'infini Ou il se peut qu'on ne vous l'accorde pas. Allez, et soyez prudents Car je n'ai rien de mieux pour vous.