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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Tes (Jolies) Epaules-Technopôles... | 14 mai 2007


J'étais avec toi dans ce festival électro urbain, à danser autour des platanes et des riverains. Technival officiel tout en soleil et en hypnoses... Pour une fois, tout nous était permis ; de concerts-House sur le toit d'un centre commercial en palais de l'Underground dans les parkings souterrains, tu ondulais dans ta robe légère et je brûlais torse nu sous mes lunettes de soleil. Au détour des ruelles en pente, nous serrions la main aux chevaucheurs de disques universellement connus, et ils nous invitaient à la piscine... Je crois qu'ils savaient pour nous, et qu'ils s'en foutaient. La vie était belle, le Rhône méditerannéen, et le soleil montait dans la nuit pour voir par-dessus les toits. On transpirait comme des athlètes, et ta robe était toute trempée... Le rythme était hypnotique, et le chemin tortueux qui menait à Nous dans cette ex-capitale électronique, sensuelle et agressive. C'est finalement sur une petite place irradiée de Son que ton corps s'est collé au mien dans un baiser-transe, claquant comme un coup de fouet qui  n'en finissait plus ; et j'achevai de te découvrir dans cette soupente, sous la lucarne par où entrait la rumeur qui nous portait, décryptait nos codes de sécurité, brouillait le signal de nos retenues. Je ne distinguais plus toi de moi dans l'eau qui coulait sur nous deux ; c'était Notre élément, notre Bulle liquide et étanche. Comme si j'étais le saumon et toi la rivière, ça coulait de source, tu me guidais et l'on s'emportait. Se transportait. Mes mains contre le mur tiède et mon nez contre toi, et ton coeur qui battait la mesure... S'y noyer pour prix d'une aventure, dire un grand "merde" à tout ce qui dure, et garder ton regard chaud et humide sur mon coeur, dans une petite rue de Lyon...

 

Publié par Gatrasz à 09:25:00 dans Vogadoria... | Commentaires (10) |

Indochine 1954 - Episode 6 | 11 mai 2007


Indochine 1954 - Episode 6 et Fin.
 
Henri Hasnel se réveilla lentement, avec une drôle d'impression ; celle d'avoir dormi où il ne fallait pas, comme si le sommeil l'avait frappé d'un coup au plus mauvais moment. Un lourd et étrange sommeil... Et puis ce mal de tête, ce goût étrange, qui ne lui disait rien... Il se réveilla tout à fait en sentant les écailles de dents crisser dans sa bouche. Il vit le collimateur juste devant ses yeux douloureux, le tableau de bord où un peu de son sang avait coulé au milieu des cadrans brisés. Et tout lui revint en mémoire ; l'explosion, la panne de moteur de son Bearcat, le crash... Il voulut se redresser, voir où il était ; mais comme il raidissait ses bras pour trouver un point d'appui, il se sentit saisi aux épaules par une poigne de fer, et en même temps tout se mit à tourner autour de lui...

Dans son délire, il voyait Luce ; il la voyait dans ce manoir du Périgord où elle lui avait dit qu'elle vivait. Il la voyait près de l'étang, dans ce parc qu'elle lui avait décrit, et dont il avait malgré lui imaginé la décrépitude dont elle ne parlerait jamais : le bois sombre et mal entretenu, l'odeur de mort qui flottait sur les dépendances en ruines... Il la voyait, elle, l'appeler depuis le fond de l'étang, son visage blanc sous l'eau trouble et glacée avec deux mains glissantes comme des ventres de poisson qui crevaient la surface pour l'y attirer...

Il reprit conscience plus tard, dans ce qui lui parut être une hutte ; il pouvait voir le soleil dont les rayons filtraient en clignotant à travers le plafond de branchages, et ce spectacle l'hypnotisa pendant un temps qui pouvait se compter en minutes comme en heure, il ne savait pas... Il sentait bien que quelque chose n'allait pas, il se sentait...cassé, son corps ne fonctionnait pas normalement. Il avait probablement des fractures, des lésions internes ; il songeait sans s'affoler qu'il allait mourir... Henri fut tiré de sa torpeur par l'entrée dans la hutte de plusieurs personnes ; des silhouettes indistinctes qui parlaient un langage inconnu et tournaient autour de lui en faisant de grands gestes en élevant la voix. Finalement, ils le saisirent par les bras. Une douleur fulgurante le vrilla tandis que les inconnus le redressaient, mais il serra les dents et réussit à tenir bon sans s'évanouir à nouveau. Puis ils l'entraînèrent (le traînèrent, plutôt) à l'extérieur.

Dehors, le soleil illuminait la place ; il vit un village au milieu des arbres, et toutes une foule d'indigènes formant un cercle qui se resserrait autour de lui. Cerné. On le traînait vers le centre de la clairière qui faisait office de coeur à ce pauvre village éphémère, et il vit tout de suite le poteau planté là. Il comprit : et ses jambes qui lui faisaient mal en heurtant les cailloux lui furent tout à coup bien indifférentes... Il se retrouva ligoté sur ce pilori primitif, et les hommes qui étaient venu le chercher s'agitaient à présent devant lui. L'un d'eux, qui malgré un aspect de vieillard possédait une force surprenante, avait tout l'air d'être un sorcier, et le montrait du doigt en jetant des imprécations à la foule qui ondulait autour de lui dans une danse infernale. Henri n'aurait ps su dire si sa vision se troublait, ou si les villageois s'étaient fondus en une masse compacte et bigarrée, sonore et mouvante comme les vagues sur une plage du Pacifique. Il se dit que c'était là un moment peu commun pour mourir, il aurait voulu pouvoir assister à tout ça comme à une fête donnée en l'honneur d'un autre ; il espérait presque voir la casquette d'un Viet fendre la foule pour mettre fin au spectacle et l'emmener dans un camp de prisonniers. Mais la casquette ne venait pas, et le sorcier tournait autour de lui comme un fauve en agitant au lieu de ses griffes un long poignard à la lame ondulée...

Puis le mouvement de la foule, après s'être intensifié jusqu'à devenir insoutenable, s'arrêta d'un coup. Il y eut une onde de choc, comme si toute une armée de hallebardiers avaient en même temps frappé le sol du bout de leurs lances. Le sorcier s'immobilisa aussi et lui fit face. Et il se rapprocha d'Henri. Il avançait si lentement qu'il semblait devoir n'arriver jamais : et puis, après une éternité de mouvements indicibles, comme souterrains, il fut là. Henri Hasnel l'affrontait du regard, il cherchait ses yeux. Et il les trouva. Ce qu'il lut n'était pas ce qu'il pensait y trouver ; il ne vit qu'un regard direct et froid comme une lame, un regard hypnotique et terrifiant que rien ne pouvait arrêter. Il sentit ce regard qui s'enfonçait dans son âme, il sentit ses yeux transpercés par une volonté qu'il ne pouvait ni maîtriser ni comprendre. Il sentit juste que ce regard-là le détruisait de l'intérieur, il était déjà vaincu. Il était mort, déjà. Et c'est presque avec surprise qu'il vit, tout à coup, perplexe, le poignard sanglant et le rictus victorieux de l'Autre...

Gatrasz.
 

Publié par Gatrasz à 10:58:29 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (11) |

Aux Rivages Amers... | 10 mai 2007


Tu courais sur ton erre, fine et élancée goélette blanche
Et moi, je n'étais pas indiqué sur les cartes
Tu dérivais sans repères, où c'est écrit : "inexploré"
Curieuse de voir ce qui allait t'arriver
Et le hasard t'as jeté sur moi, lancée comme sur un écueil
Tu t'es fracassée dans mes bras
Mon corail éventrait ta coque blanche...
Tu as laissé couler sur moi ta cargaison de mercure
Comme une vengeance instantanée
Je me suis pris dans tes filets
Autour de nous les poissons fuyaient
Cette affolante déclaration.
Me voilà devenu l'autel de tes entrailles
Tous deux unis dans un même sacrifice païen
Ton ventre blanc collé au mien
Esturgeon qui en harponne un autre
Te voilà devenue oscillante épave
Affalée à jamais sur mes pointes brisées
Et tes haubans plantés dans mon coeur...
Je te protège des grandes marées
Mais les embruns que tu essuies finissent toujours sur mon dos
Je te tiens à bout de bras dans mes doigts de pierre
Fichés toujours plus profond en toi
Je garde tes débris arrachés sur moi
Collier de fleurs d'une vahiné
Jamais je ne saurai t'oublier...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 09:14:09 dans Filth and Creations... | Commentaires (11) |

L'Union De l'Esprit Et Du Corps... | 09 mai 2007

(Image qui n'a rien à voir avec le texte, à priori ; si ce n'est que je l'ai dessinée
dans le train, juste avant...)
 

Je te serre contre moi
Comme un Soleil contre mon corps de glace
Peut-être peur que tu t'effaces...
Ta peau brûle mes douleurs épidermiques
Tu les submerges
Et je vois sans rien dire ton manège
Mes mains sont le réceptacle
De ta petite âme fragile, comme une perle
Je ne la laisserai pas échapper
Si elle a faim, tu pourras même me manger
Un peu
Cannibalisme par consentement mutuel...
Reste ton corps, avide et sauvage,
Déshumanisé
Libéré de ton âme qui joue avec les astres
Avec la mienne comme pare-choc
Tu me laisses des bosses et des bleus,
Au dedans comme au dehors
Qui demain se souviendront de toi, de moi
Ton corps renouvelle mon âme
Et ton âme, mon assurance
Annulons-nous l'un l'autre pour exister enfin
Délicieuse onde de choc qui me brise
Tu fais de moi un Phénix, chaque matin
Disloqué, démembré par toi
Reste une petite parcelle pour prendre soin de toi...

Gatrasz.
 

Publié par Gatrasz à 10:31:58 dans Filth and Creations... | Commentaires (14) |

Electric Blues Spirit... | 04 mai 2007

 
Tu m'ignores
Et tu n'as confiance qu'en tes doigts
Tu me nommes
Muse, tu me nommes Inspiration
En me refusant mon vrai nom, tu te refuses à moi
Mais je suis toujours là
Dans le moindre de tes frissons
Dans tes bouffées de création

Without Me, You're Nothing...

Gatrasz.
 

Publié par Gatrasz à 11:40:33 dans Filth and Creations... | Commentaires (13) |

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