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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

[Starz In Your] Pages... | 01 juin 2007


Je l'ai dégotté sur le trottoir, dans une flaque d'eau ; je me suis cassé la figure de mon nuage en tombant dessus. Il pourissait dans le caniveau en plusieurs morceaux, si bien que j'ai cru qu'ils étaient plusieurs : c'est dire si ce bouquin était en piteux état ! L'eau s'échappait dans des hoquets ; alors je l'ai pris dans mes bras, délicatement, sous les yeux des passant(e)s (sauvages !), et je l'ai ramené chez moi.

Elles en avaient à raconter, ces pages
(certaines, troublante preuve d'amour, s'étaient collées pour affronter le destin ensemble), et leur histoire se lisait même sans connaître l'alphabet. Les blessures étaient palpables, et la pulpe des pages s'épanchait en hémorragie de mots. Ayant emprunté les doigts d'une Fée que je connais, je tissai donc une toile de soins autour de ce pulpeux petit corps fragile. Mes mains pressaient, caressaient, décollaient. (Massage cardiaque obligatoire) Je me faisais l'effet d'un chirurgien qui sépare des siamois ; lequel choisir, mon Dieu ? Et puis, 'm***' au Destin, vint le moment de les réunir, de les unir 2 par 2 et puis toutes ensemble (wouaaah...), ces pages rescapées. Avec amour, la 1 avec la 2, la 54 avec (ce qui restait de) la 55 (les mariages blancs n'en sont pas moins heureux, du moment qu'il y a la tendresse). Je tentai aussi quelques unions contre nature : cruel dilemme lorsque l'une d'elles est restée sur le billard... On a perdu la 192, comment le dire à la famille ? L'éplorée 191, et 193, soeur cadette de la victime, se consoleront dans les bras l'une de l'autre. J'en ai presque les larmes aux yeux...

A ce jour, le patient est en bonne voie de rétablissement
(pour une fois je suis fier de moi) ; à propos, j'ai oublié de vous dire, le petit nom de mon convalescent. Il s'appelle...Au Bonheur Des Dames. (Par ici mesdemoiselles ?) Bah oui, on ne se refait pas. Je dirais même que ça ne s'invente pas...

Gatrasz Forever !


Publié par Gatrasz à 13:13:22 dans Vogadoria... | Commentaires (6) |

Nez [De La Dernière Pluie]... | 30 mai 2007


Je marche au gré de mes pauvres jambes dans les rues détrempées par la dernière averse, sous un soleil qui fait des bulles sur mes oreilles. L'herbe désséchée a pris l'eau comme des feuilles de thé, s'en expriment saveur et parfum, et un tanin qui s'imprime sur mes orteils comme le henné sur Tes doigts de Fée... Dans mon nez torturé passent les odeurs de la ville ; effluves de goudron fondu et d'essence, une touche de combustion en fines particules, et les pollen du Parc qui font pleurer mes yeux. Je suis trop habitué aux douceurs toxiques de la vie citadine, mon corps se révolte contre la simplicité d'une nature un peu trop souffrante à son goût. Torréfiée, pur arabica de plantes prisonnières, robusta pour survivre à l'étreinte carbonée de l'air consommé sans filtre... Cette bulle verte s'étend comme elle peut, fracture les routes et s'insinue dans les ruelles, elle se brûle à cet univers noir qui sent le sapin (de synthèse). Je suis allergique à la vie, et je ne distingue plus ma propre odeur au milieu du nuage chaud de la cité qui transpire. Perverse et fatiguée, elle répand sa langueur en phéromones mortelles et séduisantes ; c'est elle que je croise la nuit et qui se colle à mes jean's. Elle qui m'embrasse et se nourrit de moi, m'inoculant son poison en vénéneux mensonges amoureux. Et la nature devient sous ses mots un monstre, qui se tord à l'agonie dans les places écrasées de Soleil et les parcs mangés par le Temps ; son cri devient déchirant, viscéral et indécent, il affole nos petites antennes... Mais nos casques nous en protègent, et c'est sans peur que nous voyons passer, dans le cimetière de nos sous-marins nucéaires, des missiles qui passent et se rejoignent en grandes fleurs sombres dans le ciel d'été. Dans nos os, minuit a sonné. L'Apocalypse n'est donc plus vraiment pour demain...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 15:36:10 dans La Camisole... | Commentaires (13) |

"..." | 29 mai 2007

(...écrit sous alcool et sous la pluie, au matin du 26 mai, j'venais d'fêter mes 22 ans alors forcément...)

Echoué à l'aurore
Sortir de chez toi à 6 heures du mat'
Attendre devant ta porte que la pluie s'arrête
Bailler à s'en décrocher la mâchoire
Espérer l'ouverture prochaine des boulangeries
Somnolant sous ta porte cochère...
Ne pas s'endormir sur la pierre
Regarder l'eau couler sur les pavés
Le nez collé à ta boîte aux lettres
Puis voir les nuages s'effilocher
Serrer ma tête à deux mains
Et m'en aller boire un café
Au coin de la rue où tu crèches
Pendant que tu t'endors à poings fermés
Avaler croissants et chocolatines
Tu ne peux que rêver les tartines
Penser à toi avec bonheur
Te donner rendez-vous tout-à-l'heure
Et passer le message aux petits oiseaux
Noter de t'appeler en fin d'après-midi
Savoir si tu as bien dormi
Cette matinée du samedi...

26 mai, 6-7h du mat'

Publié par Gatrasz à 15:05:48 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (8) |

Zazie, Satie, Tati et Tapie... | 25 mai 2007

(...et j'ai oublié Marjane Satrapi...)

La petite Zazie était jolie comme les blés, enfin, je dis petite, elle avait déjà 17 ans et puis elle n'était pas blonde pour un sou (ni pour deux, non, n'insistez pas). Quand elle partait de bon matin, à bicyclèèèèèèteeuuuh, à la rencontre du facteur (bah oui, parce que c'est Jour de fête aujourd'hui), elle chantait des chansons étranges (chaque jour son train qui déraille, et tout et tout) et sa jupe voletait comme les moulins de papier dans les mains des enfants. Bernard, tapi dans l'ombre, n'avait plus son regard d'enfant ; fier de l'idée que les français aiment (et votent pour) les hommes d'affaire(s), il se croyait tout permis, y compris de mater Zazie qui allait zézayant sur son vélo zigzaguant. Il se disait en faisant des rimes :

"
Je bondis comme un tigre, je l'emmène dans mon yacht
Et sans faire de chichis, sans un cri, je la..."

Comme un cabri, oui, vous avez bien compris. C'est moyen comme rime, je sais bien ; mais quand on est plein aux
liasses on peut se permettre de faire des rimes pauvres, en tout cas c'est ce que Bernard se disait, tapi. Arriva le facteur, il s'appelait Jacques Tati et venait finir sa tournée sous un arbre avec Zazie, leurs bicyclettes bien au frais dans l'eau de la rivière échangeant des petits mots d'amour... Autour d'eux, et pour éviter que n'importe qui les entende, les oiseaux sifflaient en catimini des mélodies d'Eric Satie. Bernard seul ne goûtait pas ce bruit, se voyant ainsi dépossédé du fruit qu'il convoitait (le malappris). Il se leva, de rage, et frappa contre un pommier car on était en Normandie (hé oui) ; de ce geste il récolta les fruits, qui lui tombèrent dessus pour lui apprendre à méditer sur la gravité...de ses actes et de ses pensées (il se retrouva donc au tapis). Tatin soit qui mal y pense, aurait pensé le jeune monsieur Tati s'il l'avait vu. Mais il avait mieux à faire, et les deux petites pommes qui roulèrent jusqu'à eux sur la route avaient de la concurrence jusque dans le décolleté de la jolie Zazie...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 15:00:15 dans Vogadoria... | Commentaires (13) |

Mea Culpa [Social Club]... | 24 mai 2007

(...à la demande générale, et face à votre indignation d'hier, je publie ici le dessin que j'aurais dû publier hier après-midi, si j'avais pas eu la flemme et surtout si je n'avais pas eu des exams toute la journée. Désolé pour la qualité mais je ne suis pas expert dans ce type de dessin en couleurs...et le scanner de la fac est en panne^^. Voilà...)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:50:29 dans Filth and Creations... | Commentaires (17) |

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