Possession-Transgression... | 11 juin 2007
Petit artiste des rues qui incendie les murs de ses doigts mouillés, primitif citadin graphitant le ciment. Détenteur de la clé des songes, convertisseur énergétique d'ambiance. Sacrifice de sa propre chair, chacune de ses images est un peu de lui aggloméré de suie. Il répand son âme sur les parois de verre, il s'y voit naître une deuxième fois. Petit être qui apprend à se reconnaître, à imposer ses traces à la ville muette et impuissante qui l'a conçu sans ménagement. Interdite, prise en otage par ces mains juvéniles et brutales, obligée de subir les outrages d'un touche-à -tout qui l'adore et la hait. Cité qui a mis au monde un Jim Morrison du graffiti, perverse agglomération qui séduit ses enfants pour les dévorer ensuite. Mais sur ce coup elle est dépassée, l'Elève-Amant
surpasse sa Maîtresse
, cherchant l'Amour jusqu'à sa source pour s'y réchauffer un peu. Il a soulevé le voile des plaisirs-artifices, s'est glissé sous la robe de séduction. Enfant sans père qui s'est auto-conçu, fils indigne d'un mensonge à visage de pierre ; Cro-Magnon pénétrant dans la grotte-sanctuaire pour en caresser les parois de ses griffes. Conter de l'intérieur à sa mère pétrifiée le produit de ses chasses à lui-même. Reconnaissance affichée, arrachée à la force du poignet, je t'appartiens / j'abuse de toi
; tu admettras un jour que je suis là . Même sur toi. Même en toi. Je suis MOI.Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 09:16:04 dans Trash and Chemical Kisses...
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Permaliens
Souviens-Toi De [Toi]... | 08 juin 2007
(A lire en écoutant "666 conducer", du Black Rebel Motorcycle Club)
Je me suis fait peur hier soir. Encore. Et d'une façon pas banale, pour changer. Quand est-ce que j'arrêterai de jouer à ça, hein ? Que je me laisserai un peu tranquille ? C'est pas pour demain, à mon avis. M'enfin, je devrais peut-être trouver ça marrant... Je ne sais pas trop. Enfin, pas vraiment.
Voilà . Hier soir...je me suis moi-même suivi dans la rue. Pas moins. Il me faut bien 45 minutes pour aller dans le centre-ville, à pied ; ça a commencé à peu près à mi-chemin, juste avant le pont. Un type qui marchait derrière moi. Je le voyais parfois du coin de l'oeil, en tournant la tête. Je me méfie des gens qui me suivent, et qui marchent à la même vitesse que moi. C'est tellement rare. Et puis, quelque chose en lui attirait mon regard, un truc, un détail, bref le genre de petites choses énervantes qui ne vous laissent pas tranquille. Il était habillé de la même façon que moi. Enfin, pas tout à fait, les mêmes couleurs mais des habits un peu plus classe. La trentaine approchante. L'air un peu ravagé, le visage mangé par une barbe de trois jours. Plus j'allais, plus il me faisait peur, ce type ; alors je traversai plusieurs fois sans prévenir, je pris des raccourcis et des ruelles pour essayer de le semer, j'accélérai le pas. Pas moyen de m'en débarrasser, il continuait, les yeux fixes, les bras ballants comme un zombie. Et tout à coup, montant sans espoir l'escalier de ce fameux petit parc près de la cathédrale, celui de mes cauchemars, j'ai compris. C'était moi. Moi plus tard, moi dans quelques années. Un "moi" qui aurait suivi la mauvaise pente, un "moi" maigre qui se serait laissé aller. Qui aurait négligé ses (enfin, mes) rêves et ce en quoi il croyait. Ce à quoi je crois, aujourd'hui, quoi. Mon coeur s'est emballé quand j'ai réalisé ça ; je me suis dit : "jusqu'où va-t-il me suivre ?
" Je m'attendais à le voir partout ; dans les magasins, dans les bars à la table d'à côté, chez mes camarades de virée prostré dans un coin de l'appart'. Et quand je demanderais aux autres : "vous voyez quelqu'un ici ?
" en le montrant du doigt, on me prendrait pour un fou. Parce que les gens normaux, ils ne voient pas leur propre fantôme, le fantôme qu'ils vont devenir plus tard, quand leurs ambitions seront mortes. Les gens normaux (enfin, ceux-là )
, ils se défoncent, ils picolent et ils jouent aux dés en racontant des trucs absurdes. Et moi, j'apprécie leur compagnie. J'écoute leur musique et j'imagine ce que donnerait la mienne, si j'en jouais. Quand je pousse un peu trop loin la réflexion, je me dis que, peut-être, eux aussi ont vu leur ombre délavée les poursuivre dans la journée, je me dis que l'appart' est peut-être rempli de spectres assemblés comme nous autour d'une table basse, les yeux vides, croulant sous le poids de leur désespoir. Mais ça me fout les jetons, et je préfère jeter les dés quand vient mon tour, pour tâcher de renouveler le Destin.
Il m'a quitté, mon suiveur ; il a tourné, tout à coup, devant un restaurant indien. Je me suis retourné, mû par une sorte de pressentiment : et je l'ai vu, hagard, regarder autour de lui et s'en aller par la tangente. Là , j'ai songé qu'en fait c'était un individu comme les autres. Un pauvre gars que le Destin avait choisi pour s'incarner, l'espace d'un quart d'heure. Et qui, tout à coup, reprenait possession de sa personnalité, après avoir joué docilement son rôle de prête-corps. Plus tard, j'ai tout fait pour oublier cette histoire ; mais rien n'y a fait, ni les bulles ni les volutes ne faisaient éclater son ombre. J'ai essayé le spiritisme, aussi. Mais seules les voix de Mr Lardons, de Tex et de Carole Rousseau ont parlé par nos voix. Pas moi. Parce qu'à ces heures-là je n'ai plus ma voix, juste un filet rauque entrecoupé de toux et de rires éthyliques.Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 14:17:01 dans SchizoFrenesy...
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Permaliens
Seul Avec Toi... | 07 juin 2007
J'ai pas besoin d'y penser
Quand je suis assis près de toi
Ça se sait
Et je crois qu'on ne voit que ça
Nous sommes lÃ
Mais la présence, elle, n'y est pas
J'ai beau chercher ta main
La serrer dans la mienne
Tu n'es pas là .
Tu me regardes tristement
Mais c'est comme si j'étais absent
Je t'aime, pourtant
Mais tes baisers ne m'évoquent rien
Je les cherche mais mon coeur ne te trouve pas
Tu te demandes si je suis encore lÃ
Et nous restons main dans la main
Si seuls ensemble
Nos coeurs gros et aveugles
Incapables de sentiments
Dis, pourquoi
Je suis tellement seul avec toi ?Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 11:52:50 dans SchizoFrenesy...
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Permaliens
Les Aléas De L'Inspiration... | 05 juin 2007
La lumière se faisait rare dans mon bureau en cette fin d'après-midi ; la radio crachotait entre les notes d'un vieux blues qu'il était 17 heures, et ma vieille lampe de bureau chauffait comme un radiateur pour un résultat mineur en éclairage. La moiteur estivale fondait sur nous, je la sentais couler dans mon dos et sur mes doigts posés, inertes, sur la machine à écrire endormie. Et je n'arrivais pas à écrire...
Nous, c'était mon Inspiratrice et moi. Votre serviteur et sa blonde souffleuse de mots, ma jolie Fée qui classait des dossiers. Sans compter une fausse héroïne de papier qui s'apprêtait à mourir d'ennui sur la feuille presque vierge où je ne tapais plus ; elle n'avait que deux solutions pour vivre, tourner ses pouces imaginaires ou appeler promptement au secours. Ce qu'elle fit, à mon grand étonnement : vous n'imaginez pas comme ça peut s'entendre, une fliquette à forte poitrine (pour le volume des poumons). J'ai manqué d'en tomber de ma chaise glissante de transpiration...
Alors accourut ma Fée au cri de la page blanche. Se hissant d'un genou sur ma cuisse droite (bah oui, c'est mignon une fée, mais même adulte c'est pas très grand) pour atteindre mon oreille, sa main glissant innocemment sur mon coeur, sous ma chemise, elle me livra les idées qui poussaient dans sa tête à longueur de journée (pendant qu'elle classait les dossiers, faisait mes comptes ou discutait sur le net avec ses amants virtuels). Ses mots gagnèrent le bout des doigts de ma main gauche et la machine à écrire se remit à crépiter. De l'autre main, le bras passé derrière son dos pour l'empêcher de tomber, je retenais ma Fée ; je sentais son souffle sur ma peau plus que moite tandis que sur le papier la fliquette s'animait comme au cinéma. L'action se faisait de plus en plus chaude, et je serrais ma Fée toujours plus près de moi ; mes doigts dérapaient sur les touches et sur sa peau claire. Tout à coup je sentis son corps se coller au mien ; ses lèvres embrassaient mon oreille et ma main glissait inexplicablement de plus en plus bas sur ses hanches. Désespérément, je tâchai de me raccrocher au clavier de la machine à écrire, mais la chaise bascula et je roulai sur le plancher, avec ma Fée à califourchon sur moi...
Sur la feuille de papier, l'héroïne imaginaire attendait, les poings sur les hanches ; et elle nous regardait, les lèvres arrondies dans un "Oh !" jaloux. Mais ma Fée l'envoya voleter d'un coup d'ailes de l'autre côté du bureau ; histoire qu'on puisse continuer d'échanger nos baisers/
idées en paix. Non mais.
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 12:07:00 dans Aventures Scripturales...
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Permaliens
L'Olympe recommande Iron Maiden et Led Zep'... | 04 juin 2007
Ecrit sur No Quarter, délire tout positif pour une fois, pas comme...dans la 'tite nouvelle dont je vous avais déjà parlé, que je mets ici pour vous et qui, pour être sombre...est vraiment très sombre. Je vous aurai prévenu :)Je n'entends pas la musique avec mes oreilles, je la ressens jusque dans mes os. Parfois je me joue des concerts intérieurs tout en vibrations et tremblements, heurts et grincements de dents (je fais même, tout à fait inconsciemment, des remix). Les écouteurs me mettent en prise directe avec l'ensemble de notes et d'ondes sonores qui composent une formule, un mot secret que tout le monde ne songe pas à interpréter. Je m'accroche au flux comme à un télésiège, je prends le train en marche vers l'abandon total. La musique n'est qu'un médium pour atteindre la transe, meilleure elle est, meilleur est le voyage ; elle est Charon sur le Styx, le Passeur qui me conduit vers un au-delà dont je ne reviens qu'en ne tenant plus sur mes jambes. Ensuite je tombe, je m'écroule dans un sommeil immaculé pour que se rechargent mes batteries. Jusqu'à ce que je sois en mesure de recommencer, Cisyphe poussant son rocher pour le plaisir du trajet ; car ce que ne dit pas la légende, c'est que plus il monte vers l'infini recommencement, plus large et plus curieuse est sa vue sur les Enfers et Paradis qu'il cache au fond de lui...Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 11:17:36 dans Trash and Chemical Kisses...
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