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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Body Art By Gat' | 19 juin 2008


(Petit dessin fait cette nuit ; c'est sensé illustrer une nouvelle que j'écris pendant mes insomnies - lesquelles sont dues généralement à l'écriture de cette nouvelle...cherchez pas - mais comme c'est plus 'gentillet' que ce que je voulais faire au départ, je peux aussi bien le publier ici)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:51:02 dans Filth and Creations... | Commentaires (8) |

La Corrida Spéciale Du Bois De Boulogne... | 16 juin 2008

(Je vous ai mis en lien une chanson qui n'a rien à voir - sauf Paris - juste parce que je l'aime bien et qu'elle passe accessoirement sur France Inter toujours vers les 3h du matin, dans la nuit du Samedi au Dimanche. N'en tirez surtout aucune conclusion)

(Edit : merci à Céleste pour l'info !)

Un après-midi, au cours d'un séjour qui se prolongeait au-delà des limites normales, j'entendis parler d'une corrida un peu spéciale qui valait d'autant le coup d'œil qu'elle se tenait en région parisienne. Qu'à cela ne tienne, j'avais du temps à perdre, j'y allai. D'aucuns diront que je cherchais un autre genre d'émotion sportive en allant traîner près du Bois de Boulogne ; je ne relèverai même pas l'allusion. En arrivant sur place, je constatai que la chose était organisée en grande cérémonie, avec une arène en bottes de paille spécialement importées de province pour l'occasion. Ayant pris place comme tout le monde en m'acquittant d'un écot raisonnable, j'attendais qu'un coup de trompette annonçât le début des opérations. Quelques éphèbes avaient pris position au milieu de l'aire dégagée, prenant des postures avantageuses comme les toréros espagnols (si j'osais, je dirais même que certains étaient montés comme des taureaux). Tout à coup, un genre d'ambulance s'engouffra depuis la rue dans l'édifice en klaxonnant vigoureusement. C'était là le signal, apparemment ; surgirent alors du véhicule les bêtes à cornes, qui envahirent l'arène en vagues successives. Il y avait là, front baissé et cornes pointées vers le centre, tous les cocus de Paris au moins. Inutile de préciser que cela faisait un fameux nombre ; et la poignée de statues grecques qui tenait le haut du pavé en même temps que le centre de l'arène faisaient un peu moins les fiers... Finalement, je ne sais si l'un des cornus se reconnut co-propriétaire d'une dame avec l'un de ces hercules de foire ou si un coup de fourche bien placé aiguillonna l'action au moment propice, mais ce fut soudain la mêlée. Je ne vous raconterai pas la fin ; vous sortez peut-être de déjeuner, ou vous pouvez avoir l'âme un tantinet sensible. Sachez simplement que dans ce type de manifestation, le toréador a très rarement l'avantage ; ses exploits se déroulent généralement au lit ou dans tout autre endroit de convenance, chevauchant (je suppose, sans quoi il n'y aurait aucune justice) les épouses des maris changés en bêtes à corne, ces derniers laissant, en fin de compte, rarement de leurs victimes expiatoires de quoi remplir une assiette à l'auberge du coin. Certains racontent qu'on presserait les abats pour en tirer des boissons pétillantes, aussi énergisantes que controversées. Je n'ai pas poussé si loin mes investigations ; mais je m'en suis revenu pensif, et encore tout émoustillé du spectacle. Plus tard, dans le métro, je crois bien qu'une mère de famille entourée de mômes s'est avisée de me faire de l'œil. D'habitude, je suis relativement réactif à ce genre de jeu, je papillonne et je cligne comme un vrai lépidoptère. Cependant cette fois-ci, allez savoir pourquoi...j'ai fait comme si je n'avais rien vu.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:36:15 dans Vogadoria... | Commentaires (5) |

Ma Jolie Gratte En Bois De Caisse... | 27 mai 2008


Je l'avais faite avec amour, avec de la cagette et du sapin, et toute l'ardeur qu'on met aux choses dont on sait qu'elles ne dureront pas ; j'avais ma hache et mon rabot, du papier de verre et mon grand couteau de cuisine. Ma belle guitare, ma Melody Larsen avait des échardes, des angles durs et un son chevrotant. Elle piquait les mains comme les oreilles, et les bouts de fil de fer coupés avec les dents d'une vieille tenaille déchiraient la paume tout au long des solos. Mais peu importait qu'elle grince, que les étincelles jaillissent des cordes et fassent des courts-circuits ; je l'avais faite comme on taille une torche, pour la brûler et s'éclairer un peu pendant ma descente en scène. Les cris qu'elle poussait dans l'ombre et ceux qu'elle émettait sous les spots rouges étaient d'ailleurs bien différents : elle grondait dans le noir comme les sanglots d'une bête qui sent qu'elle va mourir, et la lumière lui brûlait les yeux. Moi, je n'écoutais pas ; ma voix étrangement grave crachait du sang et de l'électricité. Je crois que j'aurais tout aussi bien pu nouer mes cordes vocales à la caisse de ma glorieuse compagne de concert... Et puis j'ai vu son sang couler, un liquide épais comme du pétrole s'échappait des interstices entre les planches et dégoulinait sur mes jambes. J'ai bien compris alors que le moment était venu, qu'elle ne tiendrait pas plus longtemps sous mes assauts rageurs de garçon frustré. Sa pauvre carcasse avait fait son temps, star au petit corps fragile, météore qui échoue dans une atmosphère où l'oxygène l'étouffe et l'incendie. Le temps d'une prestation le consume, et c'est fini ; tandis que moi, je demeure avec mon réservoir à colère prêt à s'emplir de nouveau. Dans un accès de rage et de tristesse, devenu totalement inaudible, je la broie sur le plancher gras taché de souffrances passées ; je la laisse là, secouée des soubresauts nerveux de ses câbles électriques. Ceux-là même que j'avais arrachés à l'ampoule de la cuisine... Les pieds dans sa flaque de noirceur collante, j'ai encore le manche dans les mains ; piteux débris aux cordes outragées qui pendent comme un fouet tragique, comme les tentacules d'un poulpe étrange à qui on vient d'arracher sa proie. Il faut que je me détourne, que je remonte à présent la pente en laissant sans regrets mon énergie brisée là, par terre, dans ses échardes et mes hydrocarbures...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:39:25 dans Filth and Creations... | Commentaires (1) |

Have Fun, Have Rock[s], Have Smoking Bedrocks !!! | 23 mai 2008

(Flyer croqué à l'arrache pendant une répète...)

Publié par Gatrasz à 15:35:28 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (8) |

La Mauvaise Heure... | 21 mai 2008

(12 Hrs ago...)

Hier soir, je suis sorti, à cette heure où la Lune défaille parce qu'elle commence à fatiguer, et où l'Aube rechigne à se lever matin. En fait, ça n'était plus vraiment le soir ; il devait être environ 4 heures. Ensuite, je sais, j'ai commis une erreur : j'ai volontairement quitté le goudron pour le petit chemin de terre. J'aurais dû le savoir pourtant ; sur ce sol sont gravés, du bout des doigts, tant d'incantations et de blasphèmes qu'en y marchant la nuit on croit sous nos pieds nus voir les pentagrammes et lire les malédictions muettes confiées là au passé et à la poussière. Je suis reparti emportant avec moi ces mots interdits, collés sous ma semelle ; j'ai aperçu les lumières du château, je les ai fui mais plus tard l'ombre a gagné mes peurs. Le froid est tombé, phénomène bien connu au Désert : ces étendues glacées qu'au jour le Soleil inonde et recuit. Je sentais les cristaux d'humidité nocturne s'accrocher à mes basques pour me ralentir ; et dans les ruelles obscures grondaient des bêtes étranges. J'étais observé par des créatures que je ne reconnaitrais pas, cachées comme elles étaient derrière les poubelles et dans les cages d'escalier ; mais cette Nuit-là n'était pas à moi. Des chauve-souris géantes voletaient autour de ma tête, j'entendais le battage haletant de leurs bras ailés craquer dans la pénombre comme les rafales d'une mitrailleuse d'éther. Tac-tac-tac-tac, et puis tac-tac-tac encore. Je devais être plutôt flou sur leur radar, incongru dans leur assomoir où la gent humaine est une proie ou, plus sûrement, n'est pas. J'ai donc tourné les talons sous le nez du crabe-guetteur, vissé à son tronc d'arbre comme un oeil caparaçoné ; et j'ai regagné mes pénates, le dos voûté, ma mission accomplie mais ma retraite infiniment plus compromise qu'avant. Je n'oublie pas qu'au retour, une haute silhouette s'est dessinée dans un coin pas très clair pour me regarder partir ; et sur des mots sans suite, comme un test de voix des micros de l'Enfer, il a déployé de vastes ailes grises. Et il s'est envolé, le bougre ; et dans l'air lourd et froid ça faisait : Flox, flox, flox...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 15:40:46 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (7) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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