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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

A Grands Coups De [Tagada] Jones... | 13 septembre 2007

"Je n'en peux plus de ce rouleau compresseur dans notre économie
De cette machine de guerre qui écrase toujours et à tout prix.
D'un silence beaucoup trop long complice d'exactions,
Je crois qu'il est temps mes amis sans aucune concession que l'on passe à l'action !
Depuis les années 30 on ne pense plus qu'à moderniser
Avancer, profiter, piller même de pauvres étrangers
Devenir le fleuron de toute la nation
Sans se poser la question : qui paiera l'addition ?
Au début ça paraît simple,
Il suffit d'avancer,
Mais au fur à mesure, ça devient de plus en plus dur,
A force d'abuser, tout finit par céder !

[...]

Inversons la vapeur, il faut faire marche arrière !
Redonnons un peu de couleur à cette pauvre terre.
Personne n'osait l'imaginer,
Et pourtant eux l'ont fait,
Organismes génétiquement modifiés
Pour notre bien être pour notre santé.
Et tant pis pour tous ceux qui viendront après,
Tant pis pour la terre, ou l'air
Car au nom du progrès,
Ils vendraient même leurs propres mères"

[...]

Extrait des paroles de L'Alternative par Tagada Jones...

 

Publié par Gatrasz à 15:13:44 dans Ethnews... | Commentaires (7) |

Formic Matter [Comic Acids]... | 11 septembre 2007

(9 septembre 2007)

     L'Homme est un Poison. Il le sécrète dans ses entrailles, il l'enfante tout comme il en est le Fruit. De ses villes transpire une humeur malsaine qui l'étouffe et le ronge de l'intérieur jusqu'à ce qu'écorché-vif, il se jette du haut de ses tours de verre pour offrir en sacrifice à des divinités absentes son sang vicié sur l'autel des dalles de béton. D'autres préfèrent se noyer dans les bas-fonds et les catacombes, et servent de nourriture au Monstre brûlant et malade qu'ils appellent Cité, dont la fausse lumière obscurcit même les étoiles. Les Rêveurs n'y ont plus leur place, ils éclatent comme des bulles de savon quand la pression morbide les étrangle. Restent les Joueurs qui tentent de posséder la Masse grouillante, Horreur paralytique ancrée dans leurs viscères, au cours d'un simulacre de jeu de Domination masochiste et pervers dans lequel ils auront toujours le dessous. De leur peau suinte la Peur acide et grasse qui les rend glissants comme des batraciens, Suc vénéneux qui les condamne au repli définitif sur eux-mêmes et au dégoût de leurs semblables. Au sommet règnent les vautours de la Finance qui, calculateurs fous et aveugles, dilapident ce qu'ils n'ont pas au nom de lois aussi infaillibles qu'imaginaires. Ceux-là distillent ce qui sans eux serait peut-être encore précieux pour s'en donner des overdoses, et ils vomissent leur âme en même temps que leur bile en entraînant toutes leurs Sociétés dans leur chute... Certains encore croient pouvoir fuir la sentence qu'ils s'imposent à eux-mêmes ; et ils polluent les Déserts de leur maudite semence, faite d'Orgueil et de Suffisance, ils étalent à la face des Cieux la gigantesque carcasse en décomposition de leur puissance fantasmée et grotesque. Je ne cherche pas les déserts pour y laisser mes dernières traces mais pour m'y perdre, m'y effacer pour toujours et tâcher d'y trouver dans l'Oubli un Pardon qu'aucun de nous ne mérite. Je n'y veux personne avec moi, sinon Toi. Puisse-tu m'aider dans ma tentative d'ablation de cette excroissance que nous sommes...

(...et dire que pendant que j'écrivais ça, au sein d'une bulle de nature forcément synthétique, un salaud de parisien, les yeux perdus dans le feuillage, se faisait **** par une petite nénette toute paumée dans cette grande bagnole, au milieu du parking. C'était si romantique ; juste eux et moi, et un écureuil hystérique qui crachait dans mon cou des insultes désespérées, agrippé à son vieux tronc comme un capitaine à son navire qui sombre...)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:35:37 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (6) |

Le Diable Au [Hard] Core... | 10 septembre 2007

(A considérer en écoutant peut-être "Vicarious" de Tool, "Orion" de Metallica, ou tout autre morceau tiré de la même veine...)

Publié par Gatrasz à 10:55:06 dans Filth and Creations... | Commentaires (8) |

Dans Ta Gueule [d'Amour]... | 07 septembre 2007


     Pour mener sa petite expérience à bien, il avait besoin d'un chaton, une saleté de petite boule de poils qui fourrait son nez minuscule et ses grands yeux partout. Ça n'avait pas été dur à trouver, et il s'était aussitôt attelé à la tâche difficile (mais indispensable à ses projets) de l'éduquer. L'idée était la suivante : procéder à l'envers. Faire le pari que l'instinct serait moins fort que le conditionnement. Il présiderait au destin de son petit chat, en ferait sa Chose en lui apprenant que la Douceur était à craindre, la Colère à aimer, la Violence à encourager. Et la petite bête écoutait, tranquille. Bientôt, elle apprit à se cacher quand il souriait ou à venir à lui quand il s'énervait. La paix était pour elle une source d'inquiétude, les coups une marque d'affection qui lui arrachait des gémissements pleins de reconnaissance en même temps qu'elle léchait ses plaies... Puis elle grandit. Elle restait mince et fragile, sans doute (pensait-elle) parce qu'il l'aimait si fort... Mais tandis que ses hanches et sa poitrine de petite fille-chat s'arrondissaient sur son corps de ballerine, elle contemplait avec fierté, dans les flaques, le reflet de son petit profil dur. Elle avait envie de faire impression, même si elle se rendait bien compte que ses coups de dents et de poings pleins d'amour ne sauraient jamais égaler la violence de ses sentiments. Quittant le nid familial où l'amour paternel lui laissait de jolis petits bleus partout, elle alla se blottir dans les bras de grosses brutes capables, à son avis, de l'aimer encore plus ; car elle avait au fond d'elle-même envie de toujours plus d'amour, sans cesse. Cependant ses miaulements et ses bonds félins face à la force de ses partenaires ne surent pas la protéger de la surdose d'amour vache qu'ils lui donnaient à tour de bras, sous l'influence d'alcool ou de tout autre catalyseur. Ses membres craquaient et se brisaient à chaque round, ça lui était égal parce qu'elle se sentait aimée ainsi, choyée, dorlotée même lorsque ses amants la passaient à tabac... C'est son corps qui ne voulait pas comprendre, et la mettait au désespoir en multipliant les échappatoires vers l'hôpital le plus proche. Elle tâcha de le mater, se fit même mal exprès pour qu'il apprenne à être aimé, rien n'y fit. Elle crachait aussi parfois du sang et des boules de poils ; mais c'est normal pour un petit chat devenu jeune femme, et elle continuait à s'enfuir des chambres blanches et aseptisées où on la mettait quelquefois. Dans ce monde dédié au Plaisir, où la douleur est si mal vue, ça ne pouvait que mal finir. Un dernier mot d'amour et une mandale de trop la laissèrent sur le pavé, pantelante, désarticulée. En vrac, comme un poisson blanc dans l'eau rouge qui s'étale au milieu des fragments de son bocal brisé...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:30:32 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (6) |

Feux Croisés [Qui Brûlent Mes Doigts]... | 05 septembre 2007

(Photo : ...je ne suis que la mèche. Consume moi...) 

La vie d'artiste est paradoxale ; elle est truffée d'écueils
J'ai deux vies, ou bien ma vie se décompose en deux temps, deux saisons
C'est un peu comme marcher sur le fil du rasoir, toujours
Il en est une où j'emmagasine les sensations et les expériences
Refuser de pencher d'un côté ou de l'autre. Parce que
Où je vais à 200 à l'heure pour vivre plusieurs existences en une
C'est l'obscurité qui nourrit mon inspiration, parce que
L'autre, c'est un second temps où la digestion se fait, après coup
C'est dans la douleur que je puise mes mots, mes images
Et l'inspiration s'empare du vécu pour se l'approprier
Par essence j'aspire au bonheur, mais quand je l'ai il me pèse
Je fais passer sur le papier le produit de mon (petit) vécu
Car la création me manque, et son matériau principal...
Le plus intense, en retirer l'essence pour (tenter de) la sublimer
Cette souffrance. Parfois, j'ai l'impression de deviner
Lui donner une vie propre, un sens tout particulier
Le secret malheureux de ceux qui n'ont pas tenu le coup
Ou plus prosaïquement pour m'en débarrasser...
Ils ont sombré dans le mal dont ils s'abreuvaient
La création n'est finalement qu'une moisson
Leur pauvre carcasse fatiguée a fini par se rompre
Les semailles se font en vivant carrément, sans arrière-pensée
Broyée par un engrenage monstrueux qu'on préfèrerait ignorer
Mais les deux ne se confondent pas, il y a toujours un temps pour tout
C'est comme jouer avec le feu, le risque de s'embraser
C'est comme ces écrivains voyageurs que je n'égalerai jamais
Comme un Néron dont Rome serait le corps
Et qui n'écrivaient pas sur le pont des cargos
Il faut avoir la force de s'extraire de ses idées sombres
Plutôt dans une chambre de bonne ou de cottage fleuri
Pour respirer, de temps en temps ; il va falloir que j'y pense
Le monde sublimé de leurs souvenirs encore plus intenses...
Avant d'achever ma construction.

Publié par Gatrasz à 09:47:15 dans SchizoFrenesy... | Commentaires (4) |

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