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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

On A Perdu Les Riches... | 11 octobre 2008


C'était un mercredi matin, je me promenais aux alentours de la Place des Carmes ; arrivant du Boulevard du Languedoc, j'obliquai à gauche devant un bar où, souvent, se réunissent anciens routards aux boucles grisonnantes et vieux loups de la marine à vapeur. J'aime bien les écouter parler, avec leur air inimitable de gens qui ont déjà tout vu, leurs coups de gueule si sympathiques et leurs dégaines de vrais philosophes des deux sexes, bourrus et barbus à loisir. Parfois, ils me fixent tout à coup, comme une tourterelle outragée ; j'aime à penser qu'ils reconnaissent chez moi le rêve de devenir, à peu de choses près, la vieille carcasse utopistes et sans concession qu'ils sont... Enfin bref, je m'éloignais quand je vis l'un d'eux, magnifique, guigner en se marrant vers l'entrée du parking souterrain voisin, havre de voitures de luxe et/ou de fonctions. Curieux, j'avisai deux berlines noires arrêtées à la diable au milieu du passage. Véhicules d'hommes d'état ou plutôt de chefs d'entreprise blindés aux as ; mais vides. Pas l'ombre d'un porteur d'attaché-case, ni - et là c'est bizarre - d'un chauffeur à casquette non plus. Juste les portières ouvertes sous les barrières relevées, comme le signal affolé d'un sémaphore de fortune. Ainsi s'expliquaient le sourire en coin du philosophe et le mien. Je pivotai pour continuer ma route, tombai sur un caméraman tout désemparé devant une bijouterie - en fait, c'est sur sa caméra que je faillis basculer, et sur la perche abandonnée du preneur de son qui traînait. Il me rattrapa au vol et me confia son malheur : le bijoutier qu'il interviewait avait disparu, et son larron de perchiste par la même occasion. « Pour celui-là, ajouta-t-il, j'aurais compris ; il a gagné au Loto hier. J'étais même surpris qu'il soit venu bosser ce matin ». Je réfléchis : cela faisait deux riches de plus évanouis sans prévenir. Au moins six gros nantis qui s'effaçaient de la circulation, au même endroit et à la même minute... Mon banquier était à deux pas, j'y allai ; les employés l'avaient eux-aussi perdu, comme un écureuil - c'est le comble ! - ses noisettes, ils n'arrivaient pas à le retrouver. Bin ça... Il y avait peut-être, qui sait, un congrès, un mot d'ordre secret du MEDEF ou de l'Amicale de ceux qui un jour paieront l'Impôt sur la Fortune. J'appelai un cousin très bien informé des milieux financiers qui, lui, saurait à coup sûr à quoi s'en tenir ; peine perdue. La messagerie de mon parent ne savait quoi me dire. Bon sang ! Passant près d'un panneau d'affichage, je bondis : d'ordinaire dans ce quartier-là, on lisait surtout des invitations à des concerts de musique classique. Mozart, Schubert et Chopin s'y disputaient la surface d'expression depuis assurément vingt ans. Et là, je trouvais collés par-dessus des tags et des affiches en papier pour manifestations plutôt punk-underground. Je me serais frappé si une petite Peugeot blanche, abandonnée au milieu de la rue, ses portières écartées comme des bras impuissants, n'avait émis au maximum du volume de tonitruantes mesures de Wagner ; au profit de tout un chacun, sauf du conducteur, qui brillait par son évaporation. Le son laissa soudain la place à un flash d'information spécial, qui balançait du coup en hurlant à la face des façades d'aussi étranges nouvelles que la fin des cotations boursières ou l'inquiétante disparition du Président. Mais déjà, je n'écoutais plus... « Ça, c'est drôle, dis-je en soulevant du pouce ma casquette en toile, pour afficher mon bonheur au grand jour ; où sont les riches ?»

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 19:00:09 dans Vogadoria... | Commentaires (2) |

Le Triomphe Du Roi Des Mers... | 04 octobre 2008


Il s'en allait, fendant l'eau sombre de son étrave puissante et large de cuirassé ; devant lui tout ce qui passait naviguant semblait une coquille de noix. Il en avait coulé bon nombre déjà depuis le début des hostilités, et son arrivée dans ces parages : sa réputation d'invincible n'était plus à faire. C'est ainsi que son apparition soudaine, surgissant des brumes du matin comme du plus profond des légendes, avait semé la panique dans le convoi. Les éclaireurs tournaient en rond, déroutés ; quant aux retardataires, ils accouraient à toute vapeur pour recouvrer la protection du groupe. Se faire surprendre dans ce secteur par un pareil monstre des flots eût signifié immanquablement leur fin... A présent, dédaignant son but premier, le convoi s'était scindé en deux groupes qui, affolés, tournaient en rond autour du gigantesque assaillant, prenant prudemment soin se tenir hors de portée des défenses puissantes - sans être pour autant très rassurés sur leur avenir. Un tel ennemi pouvait réserver de dangereuses surprises ; s'il virait brutalement de bord, il ferait assurément un sort aux plus téméraires de la flottille - ou aux plus lents... Quant aux raisons de leur présence ici, et l'objectif immensément stratégique sur lequel ils convergeaient, espérant être les premiers sur la place, bien sûr, il n'y fallait plus penser. Tranquillement, la masse sombre et imposante de ce monstre préhistorique, que certains parmi les plus facétieux surnommaient Nessie par bravade en raison de sa suggestive silhouette, traçait dans les vagues sa route à la fois débonnaire et terrible, soulevant des remous d'une taille inimaginable. Rien n'aurait pu l'arrêter dans son impitoyable course, seul comptait le but, l'objectif qu'il s'était fixé. Qui s'interposerait entre lui et sa proie serait immédiatement et infailliblement condamné...

Aussi, lorsque la flottille des canards chargea,
Nessie, le grand cygne noir qui régnait sur ce bras mort de la rivière, n'eût-il qu'à tourner sauvagement la tête en poussant un cri rauque : aussitôt les petits palmipèdes s'éparpillèrent, et Nessie triompha dans les éclatantes lueurs de l'aube... Parvenu enfin aux abords de l'objectif tant convoité, il lança en avant sa fine tête au bec rouge : du petit morceau de pain qui flottait, il ne fit qu'une bouchée.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:40:56 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (0) |

An Icon For Gothic Dolls... | 03 octobre 2008

Publié par Gatrasz à 17:05:22 dans Filth and Creations... | Commentaires (2) |

Gipsy Fantasy... | 01 octobre 2008

Publié par Gatrasz à 19:36:23 dans Filth and Creations... | Commentaires (0) |

Insane [E.T.] ... | 25 septembre 2008

Publié par Gatrasz à 21:44:11 dans Filth and Creations... | Commentaires (0) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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