Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Boutique, tic tic tic... | 11 janvier 2007


En ce moment, vous l'aurez remarqué, pas beaucoup de "plats du jour", de posts d'humeur je veux dire ; mais c'est normal, et ça reviendra. C'est à dire qu'en ce moment j'ai pas trop d'inspiration à court terme, c'est soit instantané soit en feuilleton-feuilleté... Régalez-vous si vous aimez...

1. Deux amoureux devant une boulangerie, sous la pluie ; la quarantaine, insouciants. Seuls dans la rue sous l'averse, ils s'embrassent goulûment devant une boulangère à la mine réjouie. Puis l'amante se tourne vers la commerçante :
"Une bouteille d'eau, s'il-vous-plaît... Une petite bouteille, oui..."
Et pendant ce temps-là, la pluie ruisselle dans ses cheveux.

2.
"Boutique, tic tic tic...", fait un gamin à sa mère ; "Dis Maman, tu crois qu'un jour on ira ?"

3. Je suis tout trempé, un jeune homme vient vers moi :
Lui :
"Salut garçon, j'me présente, j'suis magicien. Un centime dans mon chapeau, et j'exaucerai ton voeu !"
Moi :
"Euh, c'est à dire que..."
Lui :
"Pas gave, garçon ; écoute, voilà c'qu'on va faire : j'vais te donner 2 euros, tu les r'mets dans l'chapeau et tu fais ton voeu, ça marche ?"
Moi :
"..."
Ting ! Smack... (il m'embrasse sur le front en prononçant sa formule magique)
L'eau dans mes yeux, je ne sais plus si je pleurais ou si c'était la pluie...

Et des sourires, et des sourires...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:02:38 dans Ombres DePression... | Commentaires (18) |

Indochine 1954 - Episode 3. | 10 janvier 2007


Indochine 1954 - Episode 3.

Ces virées en ville, Henri Hasnel les faisait aussi pour se trouver, comme chaque fois, quelqu'un à écouter. C'était plutôt ça, son truc. Ecouter les gens ; il n'avait rien à leur dire, pas de conseils à leur donner. Juste des yeux grands comme ça qui lui donnaient l'air attentif, et puis l'envie de ne pas réfléchir, d'écouter juste des problèmes auxquels il savait ne rien pouvoir changer. Cela lui donnait du détachement, l'impression d'être moins impliqué. Et pas de regrets...

Cette fois-çi, au lieu d'un collègue ivre ou d'un journaliste complètement usé par l'accumulation des horreurs et l'expatriation, ç'avait été l'infirmière. En fait, il la connaissait ; c'est à dire qu'il l'avait déjà croisée quelquefois, à l'infirmerie ou au mess, mais ils n'avaient jamais pris le temps de faire connaissance. Il ne savait même pas son nom ; alors que, pour lui faire honte, elle devait bien savoir comment il s'appelait. Mais, sans doute par délicatesse, elle continua de l'appeler "Lieutenant" tout au long de la soirée... C'est qu'elle en avait, des choses à dire, cette jolie brunette aux yeux vert pâle, et à la peau claire qui supportait mal le soleil. Des choses banales que connaissait n'importe laquelle de ses consoeurs, ce qui coupait court à toute discussion parce que, quand on sort, c'est plutôt pour se changer les idées ; tandis que lui, il ne savait pas, il n'aurait pas l'impression de se voir rattrapé par le travail et la routine du quotidien. De son côté, il savait qu'elle en avait besoin, comme les autres, de cette écoute. Il savait aussi que pour tout le monde, il avait l'air de se sacrifier, mais peu lui importait : même, ça lui plaisait assez d'avoir cette image-là. Et puis surtout, ça paraissait bien lui plaire, à elle. La petite infirmière... Elle, qui lançait des coups d'oeil vers ses deux compagnes de sortie, l'air de leur dire : "Vous voyez ? Y'en a un qui m'écoute..."
Deux ou trois fois, elle avait bien essayé de le faire parler ; et sans doute que d'içi la fin de la soirée elle essaierait encore. Mais il n'avait pas l'intention de céder, sûr de n'avoir rien à dire, et il riait en secouant la tête. "Non... Vous voyez, je ne trouve rien à dire... Mais non... Si, si, je m'intéresse à... Mais puisque je te le dis !" Et l'échange progressait ainsi, toujours plus avant dans les confidences de la jeune femme et dans les attentions qu'il lui portait. Jusqu'à ce qu'ils quittent la boîte tous les deux, et qu'ils regagnent la base par leurs propres moyens. Là, ils avaient avisé ; à cette heure-çi ils seraient tranquilles, plus personne à l'infirmerie : pas de blessés. En ce moment, il n'y avait que des morts ; mais on ne les mettait pas là...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:21:09 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (18) |

Indochine 1954 - Episode 2. | 09 janvier 2007


Indochine 1954 - Episode 2.

Henri Hasnel eut une pensée pour l'équipage du C-47 arrivé le matin, qui grillaient une cigarette pendant le déchargement de leur avion miraculé. Eux étaient passés ; mais il leur restait à accomplir le retour sur Saïgon, tout aussi risqué si ce n'est plus car la fin de la mission approche, la tension se relâche et il devient tentant de baisser sa garde. Parfois aussi, les nerfs flanchent, on meurt en temps de guerre pour des raisons toutes bêtes ; on oublie de sortir le train d'atterrissage, on oublie de contrôler son altitude avant une manoeuvre...

Comme il arrivait près des baraquements, il croisa un petit groupe de personnes ; parmi eux, la jolie infirmière avec qui il avait passé la soirée d'hier. Il ne réussit pas à lui renvoyer le léger sourire qu'elle lui adressa ; pas le temps, pas vraiment revenu, pas encore décompressé. Il fallait auparavant passer l'épreuve du débriefing. Son équipier et son chef de patrouille étaient déjà dans la salle lorsqu'il entra ; il se joignit au groupe, pour répondre aux questions pressantes du Commandant et de l'officier de Renseignement, pointer sur la carte la position approximative des nouvelles batteries anti-aériennes disposées par l'ennemi. Il y en avait une, deux, trois, quatre à chaque sortie ; toujours quelque chose à dire, à changer.
La veille, il s'était octroyé une virée en ville avec ses camarades de l'escadrille ; un club où les aviateurs étaient reçus comme des demi-dieux, du moins se plaisaient-ils à le croire pour la plupart. Beaucoup préféraient ne pas se demander si le sourire des serveurs asiatiques disparaissait lorsqu'ils avaient le dos tourné, si les informations qu'ils lâchaient sur le bar tombaient dans l'oreille intéressée de personnes intéressantes pour les gens du contre-espionnage. Henri, lui, ne se sentait jamais très à l'aise ; alors il choisissait de se taire et de ne pas boire au-delà de certaines limites. Une sorte de soupçon perpétuel, qui le faisait passer pour un névropathe, taciturne et renfermé. Passer toujours pour celui qui va craquer, se tirer une balle, se faire sauter le caisson. Lui au moins, songeait-il avec une ironie féroce, ne ferait pas d'éclat, pas de scandale à la sortie...
Mais il venait quand même, parce qu'il n'aimait pas boire seul. Planquer une bouteille dans son paquetage, la descendre seul dans sa chambrée, pour lui c'était un peu comme inviter le Diable à trinquer, se donner rendez-vous en Enfer la prochaine fois... Et ça, à savoir définir son Destin et tracer sa route, un itinéraire définitif, quel qu'il soit, ce n'était pas du tout son truc.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 15:25:56 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (9) |

Au Croisement des Courants d'Air... | 08 janvier 2007


(Quand Elle vient, Elle me souffle ses maux à l'oreille...)

Je suis un labyrinthe
Me voici perdue au milieu d'une ligne droite
Mon coeur et mes pensées glissent de côté
Mes larmes coulent vers le passé
Et ma raison s'égare...
Mesdames, Messieurs, devant vos yeux ébahis
La voilà qui tourne autour de sa petite cage
Sans parvenir à y rentrer
Elle n'a jamais trouvé la clef
Riez, ça n'est pas drôle
Pour retrouver mon trousseau
Vais-je me plonger dans cette eau salée
Ou continuer à l'aveuglette ?
Les bras tendus
A la recherche de l'équilibre
Ça y est, j'ai dérapé
Tombée dans l'océan de ma tristesse
Doucement, je descends
Et ce bras secourable ?
Sûrement, ce n'est qu'un reflet...

?



Publié par Gatrasz à 12:13:45 dans Ombres DePression... | Commentaires (13) |

Indochine 1954 - Episode 1. | 05 janvier 2007


Indochine 1954 - Episode 1.

Henri Hasnel déboucla les ceintures de son harnais, lentement, avec circonspection ; puis il se laissa aller contre son siège, et fixa le ciel un moment. Un ciel où il venait d'accomplir la première patrouille du matin... Un soupir lui échappa ; puis il s'extirpa du cockpit de son Bearcat et bondit, ou plutôt se laissa tomber, sur le sol, soulevant un petit nuage de poussière.

Traînant les pieds pour se rendre aux baraquements d'escadrille où l'attendait un fastidieux débriefing, il observa un petit groupe de soldats qui déchargeaient le C-47 de ravitaillement arrivé pendant son absence, et porteur du ravitaillement en matériel et en munitions. Cette scène se faisait de plus en plus rare ; et de nombreux pilotes s'arrêtaient pour la regarder avec nostalgie. Les pièces détachées manquaient, et de moins en moins d'appareils demeuraient en état de vol ; on en venait à cannibaliser les épaves et les avions qui auraient nécessité de trop longues réparations... Henri n'aurait pas su dire si le Gouvernement se désintéressait d'eux ou si, simplement, la situation se déteriorait à ce point sur le terrain. Dix jours plus tôt, le précédent bimoteur de ravitaillement avait été abattu par la D.C.A. Viet-Minh ; Hasnel se trouvait dans le local radio quand c'était arrivé. Il y avait eu d'abord un message affolé, au travers duquel on pouvait entendre les éclatements d'obus de 20 mm ; on avait presque pu deviner le tintements des éclats fouettant la carlingue. Trente secondes après, nouvelle communication où l'on distinguait la terreur dans l'intonation des malheureux qui énuméraient leurs avaries ; et cela s'était poursuivi, ils avaient continué à émettre par intermittence pendant cinq longues minutes avant que le silence se fasse sur le canal. Malgré la distance, Henri aurait juré avoir distinctement entendu au loin, étouffé, le bruit sourd du crash. Il avait ensuite croisé le regard de l'opérateur, qui avait encore le casque sur les oreilles, et tour à tour celui de toutes les personnes qui se trouvaient dans la pièce, sept ou huit au total. Tous avaient la même expression, le même regard, tous avaient aussi cru entendre... Puis chacun s'était secoué, avait repris le travail. On attendrait le prochain créneau de ravitaillement...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:42:52 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (6) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| >>

Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

Licence

Creative Commons License

Le contenu de ce blog est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

Navi [Gat'] Heur...

PLEURE PAS CAILLOU, JE T' AIME (MES 24 ANS AUSSI...)

Gatrasz@gmail.com(Mail / MSN)



Espèce de petit primitif urbain, qui traîne la nuit son désespoir dans vos parkings souterrains...

Mes autres pages :

A Polar Experience...
Infernales Autoroutes...



"If you're happy with nothing you'll be so very happy with me" - Ben Harper


La Twal' de mon Rhézo...

Some Cosmic [Candy] Talking...

Depuis le 07-09-2006 :
268627 visiteurs
Depuis le début du mois :
962 visiteurs
Billets :
312 billets

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     

Fotto Xposiçions...

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03