Continuum Revolution... (1) | 06 mai 2009
Lorsqu’elle fut mise au point, par l’équipe du Pr Milchmann, la fameuse Machine à Voyager dans le Temps
défraya bien entendu la chronique ; on se souvient de l’engouement provoqué par cette avancée scientifique majeure. Le Premier Ministre annonça la création d’un jour férié spécialement dédié à la commémoration de cet événement. La Recherche
bénéficia par la suite d’un regain d’intérêt non négligeable, et de mémoire de chercheur, les conséquences en termes de financement restèrent inégalées depuis. Evidemment, les journaux s’emparèrent de l’affaire, les articles les plus fantaisistes furent publiés quant aux suites possibles de la découverte ; on cite même plusieurs auteurs de science-fiction qui profitèrent habilement de l’occasion pour sortir de l’oubli.
Cependant, au sein même de la communauté scientifique, les rumeurs allaient bon train quant à l’utilisation qu’on ferait de cette découverte. On racontait qu’Auguste Milchmann avait son idée là-dessus ; et un matin, on murmura que le professeur avait lui-même sollicité un rendez-vous à l’Elysée
, rendez-vous auquel il s’était rendu dès huit heures du matin. Il en était sorti souriant, regagnant dare-dare son laboratoire dans une voiture blindée escortée de motards... Ce qui s’était décidé à cette réunion avec le Président, bien peu auraient pu le dire ; mais on pensait savoir que le projet venait de Milchmann lui-même, et que le chef de l’Etat avait été aussitôt conquis...
Le lendemain, le Capitaine Paul Mazurier, pilote émérite de l’aéronavale, fut informé qu’il était mis à compter de ce jour à la disposition de l’équipe du Pr Milchmann, pour une série de tests. Il s’agissait en fait, on le lui apprit à son arrivée, de mettre en place un nouveau protocole de recherche appliqué au voyage temporel. On l’avait choisi en raison de sa grande habitude en terme de décollage et d’appontage sur les porte-avions de la Marine Nationale - le voyage temporel, lui dit-on, présenterait de près ou de loin les mêmes effets sur le plan physique qu’une accélération suivie d’une décélération brutales. Ou l'inverse
. Son expérience du combat pourrait aussi lui servir, suivant les circonstances auxquelles il allait se voir confronté. On le briefa donc sur l’Histoire et la Préhistoire ; d’éminents paléontologues vinrent lui expliquer comment on devait réagir en présence d’un dinosaure. Question futur, un universitaire barbu lui demanda, timidement, s’il avait lu Asimov
...
Enfin, les premières missions se présentèrent. On fit remonter à Mazurier une heure de temps, lui demandant de restituer l’ordre d’une série de cartes préalablement mélangées avant son arrivée. On l’envoya de dix minutes dans le futur, et l’on vérifia que sa montre retardait bien d’autant après sa re
-matérialisation. Enfin, on étudia en détail les réactions de son métabolisme, proportionnellement à la distance parcourue dans le temps, à la durée de son voyage... Puis on lui assigna vingt-quatre heures de repos. Après cela, on passerait des tests préliminaire à la phase réellement importante de sa mission...
(à suivre)
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 21:15:14 dans Aventures Scripturales...
|
Commentaires (2)
|
Permaliens
Marcel... | 16 avril 2009
(Dessin plus ou moins de circonstance, fait il y a un moment) By Gat' 2008
Il est dans un bar genre guévariste
, avec le zinc en ciment même pas verni et un barman à casquette qui t’adresse des sourires et des jurons sans changer de ton ni raser sa barbe de trois jours. Garçon, un spliff ? Je ne sais pas par quelle fantaisie, il passe du jazz manouche façon technobeat, les Triplettes de Belleville mixées au Diablo Swing Orchestra. De quoi rendre (presque)
ringard l’album posthume du bon Freddie Mercury ; et Marcel
danse. Il remue des hanches et des pieds, il sautait en rythme, il balance comme une véritable star du Hip-Hop
. Sans honte, Marcel
; il se fout bien des regards obliques de consommateurs malhonnêtes, secouant son petit corps sans grâce avec l’énergie du désespoir - au moins
. C’est qu’il en a à oublier, Marcel
. Du quotidien, du sale, du bien humide. J’en connais peu qui accepteraient d’encaisser ce qu’il endure, lui, sans broncher. Les oreilles pleines de son
, il secoue la tête et ses boucles blondes se chevauchent, s’emmêlent. Il a tout oublié, Marcel
; ses yeux, ça fait longtemps qu’il les a crevés, pour être tranquille. A la place, deux croix noires de fil cousu, cicatrices éculées qui, pour tout effrayantes qu’elles sont, n’ont jamais fait peur à un gosse
. De toute façon, sauf depuis Walt Disney
, les contes ont toujours été sordides, et le sien ne fait pas exception. Attaché aux menottes
d’un bambin de deux ans, pas plus, Marcel
l’ours en peluche valdingue en rythme, au gré des coups de pied de son propriétaire ; il finira dans un Sound System
, ce gosse, avec un pareil sens du tempo dans les pattes. Marcel
? C’est un ours, après tout, on l’oubliera. Et lui aussi (il oubliera)
. J’espère...
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 20:53:00 dans SchizoFrenesy...
|
Commentaires (4)
|
Permaliens
C'est [Con] Un Gatrasz La Nuit... | 04 avril 2009
[Je me fais des trip, parfois, quand je rentre tard. Exemple : ces video-là. Ne riez pas, S.V.P.
Les deux autres je peux pas encore les mettre, je sais pas où les stocker] .
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 16:46:44 dans Vogadoria...
|
Commentaires (3)
|
Permaliens
Monstrueuse (Nouvelle)... | 25 mars 2009
[Cette nouvelle, je l'ai écrite pour expulser des choses qui me tourmentaient ; alors, si vous avez l'intention de la lire tout de même, je vous préviens : c'est une histoire ignoble, ça peut - m'a-t-on dit, vous dégoûter du sexe à vie. Je ne sais pas. Si vous êtes mineur, ne lisez pas ça. Si vous êtes majeur, alors vous êtes seul juge ; je vous préviens, c'est tout.
- -> Bonne lecture<- -...ou pas] .
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 22:36:07 dans Ombres DePression...
|
Commentaires (5)
|
Permaliens
Les Voies Obscures (Chapitre 1) | 19 mars 2009
Weyland Gisbert regardait le défilé de lumières jalonnant le conduit obscur et souterrain du métro. Les doigts noués autour de la barre d’appui chromée, il réfléchissait à l’interprétation toute relative du mouvement. Il essayait laborieusement de se convaincre qu’il occupait une pièce immobile autour de laquelle tournait un vaste bloc ponctué de stations toutes identiques. Il fallait faire abstraction des secousses, mais en fermant à-demi les yeux, il y arrivait plutôt bien. C’était une habitude chez Weyland ; il aimait pervertir la réalité, renverser les rôles pour se créer son monde à lui, où la science-fiction tenait une part prépondérante. Ingénieur de l’imaginaire, il corrigeait la réalité jusqu’à la réécrire. Depuis longtemps, il n’entendait plus l’annonce du nom des stations. Il aurait pu rater la sienne ; il n’allait pas en avoir l’occasion. Comme la rame franchissait le pont enjambant l’autoroute, il y eut une secousse, suivie d’un bruit aigu de métal déchiré ; puis la pesanteur parut un instant suspendue, la cabine décrivant une étrange parabole. Enfin, la quatre-voies sembla bondir à sa rencontre, et Weyland Gisbert eut l’impression brutale d’une grande gifle de bitume en plein visage...
Il se réveilla, à plat-ventre au milieu des débris et des corps, sur l’asphalte tiède de l’autoroute. Il était le seul survivant...
Weyland fit quelques pas sur la route, un peu désorienté. Personne, pas une voiture en vue ; jamais il n'aurait pensé qu'il y eut des heures aussi creuses, sans bruit, sans circulation. Pas âme qui vive et puisse appeler des secours. Quoique...des secours, il n'en avait pas besoin. Quant aux autres... Profitant de l'incroyable chance qui l'avait laissé vivre, il s'éloigna sur la 4-voies, les mains dans les poches , silencieusement. Il finirait bien par rencontrer quelqu'un, quelque chose qui l'accueillerait de nouveau, symboliquement, dans le monde des vivants. Sinon...il se dirait qu'il était mort. Que ce n'était pas si difficile, en somme, comme épreuve ; et qu'après ça - il eut un sourire en coin, très léger - on se retrouvait finalement...tout seul.
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 11:24:26 dans Aventures Scripturales...
|
Commentaires (4)
|
Permaliens
Co-Men(ta)teurs