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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Les Hommes Du Désert... | 29 juillet 2008


(Ce texte est une transcription de la tradition orale des Hommes du Désert ; pas ceux en voile bleu qui ont une guitare en bandoulière, non. Ceux-là sont plutôt vêtus de rouge sombre, et rares sont les voyageurs qui ont eu la chance de les rencontrer)



Le petit Ali vint en courant voir son père. Kamal, assis sur le sommet d'une dune, le dos appuyé contre le dromadaire agenouillé qui portait leurs réserves d'eau et de nourriture, le regardait venir.

«
Papa, Papa, cria l'enfant qui venait de faire pipi dans le sable ; dis-moi pourquoi je dois me débarrasser de toute cette eau, alors qu'elle est si précieuse !
_Mon fils
, répondit Kamal, ton corps expulse cette eau parce qu'elle est souillée. Au plus profond de chacun de nous, il y a un démon qui réclame son tribut en eau ; c'est pour ça que nous avons soif. Si nous refusons de le satisfaire, il se venge en nous desséchant de l'intérieur, comme notre peau brûle face au soleil du désert. Si nous buvons, sa colère s'apaise ; mais comme il est avisé, il n'en réclame jamais plus que nous n'en pouvons disposer ».

Le jour suivant, Ali, qui venait de satisfaire derrière une dune à un autre besoin naturel – il était allé sur le pot, comme disent les enfants de chez nous – vint à nouveau voir son père.

«
Papa, demanda-t-il cette fois, dis-moi pourquoi je dois faire cela.
_Mon fils
, dit Kamal, je t'ai parlé hier du démon qui se cache au fond de nous ; ce démon réclame aussi chaque jour son tribut en nourriture. C'est ainsi que nous avons faim : si nous ne lui sacrifions pas la quantité qu'il demande, il nous ronge au creux du ventre, nous devenons maigres et très faibles. Après que nous avons accompli ce sacrifice, il nous faut nous débarrasser par les voies naturelles de cette nourriture qu'il a souillée, sans quoi nous tomberions malades ».

Le petit garçon hocha gravement la tête ; son père lui expliqua que les choses fonctionnaient ainsi dans le désert. On respectait le démon, et le démon nous respectait. La vie avait son prix, et il en allait de même pour toute chose ; ainsi, le dromadaire qui les accompagnait transportait-il leur eau et leur nourriture, en échange de leurs soins réguliers. Puis, comme il était l'heure, le grand animal se redressa sur ses jambes maigres ; et l'homme et le petit garçon reprirent à côté de lui leur longue marche dans le désert.
.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 17:30:59 dans Ethnews... | Commentaires (1) |

Body Art By Gat' | 19 juin 2008


(Petit dessin fait cette nuit ; c'est sensé illustrer une nouvelle que j'écris pendant mes insomnies - lesquelles sont dues généralement à l'écriture de cette nouvelle...cherchez pas - mais comme c'est plus 'gentillet' que ce que je voulais faire au départ, je peux aussi bien le publier ici)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:51:02 dans Filth and Creations... | Commentaires (7) |

La Corrida Spéciale Du Bois De Boulogne... | 16 juin 2008

(Je vous ai mis en lien une chanson qui n'a rien à voir - sauf Paris - juste parce que je l'aime bien et qu'elle passe accessoirement sur France Inter toujours vers les 3h du matin, dans la nuit du Samedi au Dimanche. N'en tirez surtout aucune conclusion)

(Edit : merci à Céleste pour l'info !)

Un après-midi, au cours d'un séjour qui se prolongeait au-delà des limites normales, j'entendis parler d'une corrida un peu spéciale qui valait d'autant le coup d'œil qu'elle se tenait en région parisienne. Qu'à cela ne tienne, j'avais du temps à perdre, j'y allai. D'aucuns diront que je cherchais un autre genre d'émotion sportive en allant traîner près du Bois de Boulogne ; je ne relèverai même pas l'allusion. En arrivant sur place, je constatai que la chose était organisée en grande cérémonie, avec une arène en bottes de paille spécialement importées de province pour l'occasion. Ayant pris place comme tout le monde en m'acquittant d'un écot raisonnable, j'attendais qu'un coup de trompette annonçât le début des opérations. Quelques éphèbes avaient pris position au milieu de l'aire dégagée, prenant des postures avantageuses comme les toréros espagnols (si j'osais, je dirais même que certains étaient montés comme des taureaux). Tout à coup, un genre d'ambulance s'engouffra depuis la rue dans l'édifice en klaxonnant vigoureusement. C'était là le signal, apparemment ; surgirent alors du véhicule les bêtes à cornes, qui envahirent l'arène en vagues successives. Il y avait là, front baissé et cornes pointées vers le centre, tous les cocus de Paris au moins. Inutile de préciser que cela faisait un fameux nombre ; et la poignée de statues grecques qui tenait le haut du pavé en même temps que le centre de l'arène faisaient un peu moins les fiers... Finalement, je ne sais si l'un des cornus se reconnut co-propriétaire d'une dame avec l'un de ces hercules de foire ou si un coup de fourche bien placé aiguillonna l'action au moment propice, mais ce fut soudain la mêlée. Je ne vous raconterai pas la fin ; vous sortez peut-être de déjeuner, ou vous pouvez avoir l'âme un tantinet sensible. Sachez simplement que dans ce type de manifestation, le toréador a très rarement l'avantage ; ses exploits se déroulent généralement au lit ou dans tout autre endroit de convenance, chevauchant (je suppose, sans quoi il n'y aurait aucune justice) les épouses des maris changés en bêtes à corne, ces derniers laissant, en fin de compte, rarement de leurs victimes expiatoires de quoi remplir une assiette à l'auberge du coin. Certains racontent qu'on presserait les abats pour en tirer des boissons pétillantes, aussi énergisantes que controversées. Je n'ai pas poussé si loin mes investigations ; mais je m'en suis revenu pensif, et encore tout émoustillé du spectacle. Plus tard, dans le métro, je crois bien qu'une mère de famille entourée de mômes s'est avisée de me faire de l'œil. D'habitude, je suis relativement réactif à ce genre de jeu, je papillonne et je cligne comme un vrai lépidoptère. Cependant cette fois-ci, allez savoir pourquoi...j'ai fait comme si je n'avais rien vu.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:36:15 dans Vogadoria... | Commentaires (5) |

Ma Jolie Gratte En Bois De Caisse... | 27 mai 2008


Je l'avais faite avec amour, avec de la cagette et du sapin, et toute l'ardeur qu'on met aux choses dont on sait qu'elles ne dureront pas ; j'avais ma hache et mon rabot, du papier de verre et mon grand couteau de cuisine. Ma belle guitare, ma Melody Larsen avait des échardes, des angles durs et un son chevrotant. Elle piquait les mains comme les oreilles, et les bouts de fil de fer coupés avec les dents d'une vieille tenaille déchiraient la paume tout au long des solos. Mais peu importait qu'elle grince, que les étincelles jaillissent des cordes et fassent des courts-circuits ; je l'avais faite comme on taille une torche, pour la brûler et s'éclairer un peu pendant ma descente en scène. Les cris qu'elle poussait dans l'ombre et ceux qu'elle émettait sous les spots rouges étaient d'ailleurs bien différents : elle grondait dans le noir comme les sanglots d'une bête qui sent qu'elle va mourir, et la lumière lui brûlait les yeux. Moi, je n'écoutais pas ; ma voix étrangement grave crachait du sang et de l'électricité. Je crois que j'aurais tout aussi bien pu nouer mes cordes vocales à la caisse de ma glorieuse compagne de concert... Et puis j'ai vu son sang couler, un liquide épais comme du pétrole s'échappait des interstices entre les planches et dégoulinait sur mes jambes. J'ai bien compris alors que le moment était venu, qu'elle ne tiendrait pas plus longtemps sous mes assauts rageurs de garçon frustré. Sa pauvre carcasse avait fait son temps, star au petit corps fragile, météore qui échoue dans une atmosphère où l'oxygène l'étouffe et l'incendie. Le temps d'une prestation le consume, et c'est fini ; tandis que moi, je demeure avec mon réservoir à colère prêt à s'emplir de nouveau. Dans un accès de rage et de tristesse, devenu totalement inaudible, je la broie sur le plancher gras taché de souffrances passées ; je la laisse là, secouée des soubresauts nerveux de ses câbles électriques. Ceux-là même que j'avais arrachés à l'ampoule de la cuisine... Les pieds dans sa flaque de noirceur collante, j'ai encore le manche dans les mains ; piteux débris aux cordes outragées qui pendent comme un fouet tragique, comme les tentacules d'un poulpe étrange à qui on vient d'arracher sa proie. Il faut que je me détourne, que je remonte à présent la pente en laissant sans regrets mon énergie brisée là, par terre, dans ses échardes et mes hydrocarbures...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:39:25 dans Filth and Creations... | Commentaires (1) |

Have Fun, Have Rock[s], Have Smoking Bedrocks !!! | 23 mai 2008

(Flyer croqué à l'arrache pendant une répète...)

Publié par Gatrasz à 15:35:28 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (8) |

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