• Le Dernier Des Con[VERTi]s...

    Fond sonore : [Rory Gallagher - Calling Card]

    (...LE DERNIER DES CONS...)

    Avec le temps, il avait fini par se laisser reprendre ; de toute façon, qui aurait bien pu croire que sous le Nouvel Ordre Mondial, on laisserait quelqu'un traîner à ne rien faire ? Lui, en tout cas, il y avait cru, sans quoi il se serait prudemment fait sauter la tête. Mais non ; on ne méprisera jamais assez ces foutus romantiques...

    A sa décharge, la réadaptation n'avait pas été sans mal ; et pas plus que sa cirrhose elle n'eut le temps d'être un franc succès.
    028Alpha-Chanima2_99-F (pour bonnet F), pas revancharde pour deux sous, faisait vraiment tout son possible. Un véritable modèle de calme et de compréhension, malgré les deux petites cicatrices rondes qui lui faisaient 4 jolis tétons vert menthe. Reclassée E dans l'aventure, elle gardait une dent plus que dure contre cet espèce de salopard dégénéré - ainsi l'appelait-elle quand il se ramenait, bourré, suintant le vin de palme verte et qu'il se faisait tout sauf tendre dès lors qu'elle l'attachait pour le mettre au lit (procédure standard pour un découcheur, fût-il pré-nuptial). Un déchet, un sous-humain qui n'avait pas même été fichu de lui faire un petit, malgré ses talents inimitables d'accoucheuse de semence ! Elle avait eu beau pressurer, caresser, se compromettre aux plus avilissantes pratiques que cet esprit bassement terrestre ait pu concevoir, rien. Pourtant, ça aurait dû marcher : elle avait fait des analyses, tout baignait, mais ça ne marchait pas.
    §ù*ù$µ%£*ù*ù!:#$^* !!!

    Pour sa part, il n'en avait strictement rien à...
    oui, justement. Il aurait pu en tirer plaisir ; mais il n'en avait plus envie. Plus rien ne comptait, sinon son ulcère qui grossissait, grossissait, devenait énorme : il fallait qu'il saigne. Mais ça, 028Alpha-Chanima2_99-...E, elle ne pouvait pas comprendre. Elle lui faisait avaler des jus de légumes, des choses immmondes saveur chlorophylle qui, implacablement, faisaient taire la douleur, recousaient, repulpaient les parois. Il se réveillait tous les matins avec un oesophage neuf ; et sans un teint légèrement bilieux, on aurait pu croire que la vie reprendrait le dessus et peut-être, avec ça, l'idée de produire des rejetons. Alors il s'alcoolisait, à nouveau, il mâchait des citrons (verts) à s'en déchausser les dents et noyait au rhum et à l'absinthe le souvenir de ses vertes années à lui. C'était fini, ça, quand finiraient-ils tous eux aussi par l'admettre ?

    Ce soir-là, il fut encore plus odieux que jamais auparavant ; peut-être se sentait-il faiblir, peut-être commençait-il à s'attacher à elle ? Toujours est-il qu'il y eut bris de verre, et éclats de voix très coupants. A ce qu'on dit, plutôt que de
    brouter du vert, il se voyait bien mieux bouffé par les vers ; enfin, des mots colorés, quoi. Toujours est-il qu'elle dérapa : "...mais achève donc de mourir, fin de race !" Il eut à peine le temps de voir qu'il avait gagné ; comme une mante, elle avait déployé ses bras, non pendant le coït comme les religieuses mais en pleine préparation cullinaire. Les tranches de concombre volèrent ; et sa tête roula, s'envola. Ce fut net, et presque sans bavures. Du jus de viande dans le gaspacho, un peu de rouge dans la soupe au poireau.

    Et basta...

    (coupé) FIN

     

    Gatrasz.


  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Janvier 2012 à 05:30
    Vert sur rouge, rien ne bouge...
    ... mais rouge sur vert, tout va de travers ! :~)
    2
    Mercredi 11 Janvier 2012 à 12:05
    Sinon...
    Sinon tout va bien ? Beau récit, une tiote B.D là dessus ?
    3
    Samedi 14 Janvier 2012 à 18:18
    @Andiamo :
    ...ça peut se tenter. Mais j'ai un projet sous le coude : un polar qui se passerait dans le labo où je fais mon stage en ce moment ;)
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