• Le Bon Choix... [3ème Partie - FIN]



    Après ma libération
    traîtresse, je me terre comme le rat que je suis devenu ; mon premier soin a été de m’acheter une nouvelle arme, par un circuit que je tiens d’un ex-ami - ex de la C.I.A., aussi. Tout en passant dans ma ceinture un bon vieux Walther P38, comme une partie de moi-même perdue et miraculeusement retrouvée, je me sens à nouveau capable de respirer. J’en profite pour établir le contact, en demandant à mon fournisseur si notre 'ami commun' peut avoir autre chose qu’un calibre à m’indiquer. Une planque, à tout hasard ? Je voudrais bien, pour commencer, savoir où le joindre.

    «
    Vous voulez dire Mr Adams ?
    _Oui
    , dis-je en me souvenant d’une de ses couvertures ; il pilote toujours des transports civils en Afrique ?
    _Oh, oui...mais sous trois mètres de terre, en bout de piste à Yamoussoukro. Son Antonov a lâché juste après le décollage ; et il est retombé vite fait, avec sa cargaison d’armes.
    »

    Je reste un moment immobile, les yeux dans le vague : cette nouvelle me fait l’effet d’un sacré mauvais présage. Assassiné, lui aussi ? Rattrapé par l’
    Agence, après s’en être séparé pas tout à fait à l’amiable... Pour moi non plus, ça ne présage rien de bon. Je ne suis plus qu’un mort en sursis, le mensonge et la mauvaise foi ne m’aideront plus guère... Caché de nouveau dans ma cave, échevelé, barbu comme le défunt Saddam Hussein, j’attendrai qu’on vienne me débusquer en m’enfumant comme un renard. Ou un blaireau, plutôt.

    Et puis je prends d’autres contacts ; j’ai entendu parler d’un collègue à moi qu’on avait remercié pour abus divers, et qui a monté au vu et su de tout un chacun sa petite entreprise privée. Légale. ‘
    MercOsine’, que ça s’appelle. Le boulot ? Faire le coup de feu ; autrefois, on appelait ça faire le mercenaire. En Irak par exemple, ce genre de commerce est florissant depuis l’invasion américaine et la guerre du pétrole. En Angola, ça a relativement bien marché aussi. Je ris intérieurement ; là-bas, le moindre de vos collègues est un ancien assassin des services secrets qui a décidé un jour de bosser pour son compte. Pour quelqu’un qui craint, comme moi, d’être éliminé par l’un d’eux, difficile de faire plus sûr ! Au beau milieu du nid de frelons. Et puis...

    ...j’y vois un autre intérêt. Je me dis que ça serait une manière de changer radicalement de méthode ; je m’explique. Avec un fusil, tu ne peux pas mentir. La rédemption par les armes, en quelque sorte. Avec un bonhomme au bout de ta ligne de mire, y’a pas photo, tu tires
    'vrai'. Penser à ces choses-là, en ce moment, ça m’aide à tenir ; et quand je vois où le goût des mensonges m’a mené, franchement, je pense que ça pourra difficilement être pire.

    FIN


    Gatrasz.


  • Commentaires

    1
    Samedi 21 Novembre 2009 à 13:36
    Le bon choix
    J'ai toujours préféré "vol vers raie" que "révolver"
    2
    Samedi 21 Novembre 2009 à 13:47
    @Saoulfifre :
    ...oui, mais si la raie vaut l'verre ? :)
    3
    Samedi 21 Novembre 2009 à 15:08
    Finalement...
    ... cette nouvelle (superbement écrite) aurait pu être intitulée "le bonjour aux armes" :~)
    4
    Samedi 21 Novembre 2009 à 15:47
    @Tant-Bourrin :
    ...merci :) Mais j'oserais pas m'attaquer comme ça à Ernest^^
    5
    Samedi 21 Novembre 2009 à 17:03
    La sécurité
    Belle histoire, mais prends garde à bien mettre la sécurité avant de glisser un calibre dans ta ceinture, c'est parmi les imprudents de la gâchette que l'on recrutait les eunuques !
    6
    Samedi 21 Novembre 2009 à 17:23
    @Andiamo :
    ...en fait il est plutôt du genre à glisser son calibre dans son dos. Mais c'que tu dis, j'lai vu dans le film '8 Mile' alors promis je ferai attention ;)
    7
    Samedi 21 Novembre 2009 à 18:52
    En réponse à ton com'
    Ravi que mes paroles te plaisent ^^ . Bonne soirée, bisous ;) .
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